En marge du séminaire ministériel de haut niveau sur les « Femmes, Paix et Sécurité », Cotonou et Libreville ont engagé de nouvelles discussions autour de l’avenir de leur coopération bilatérale. Agriculture, élevage, énergie verte, tourisme et diplomatie parlementaire figurent désormais parmi les secteurs ciblés pour donner davantage de substance aux relations entre les deux pays.
La diplomatie béninoise entend manifestement profiter des rencontres internationales accueillies à Cotonou pour ouvrir de nouveaux chantiers de coopération. Ce jeudi 10 septembre 2026, la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a reçu son homologue gabonaise, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, en marge du séminaire ministériel consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité.
Cette rencontre bilatérale intervient alors que le Bénin assure, durant le mois de septembre, la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et accueille à Cotonou les travaux du processus de Swakopmund. Mais au-delà de l’agenda continental, Cotonou et Libreville ont choisi de regarder dans une autre direction : celle du renforcement de leurs liens bilatéraux.
Les deux cheffes de diplomatie ont ainsi exploré de nouvelles perspectives dans plusieurs secteurs à fort potentiel, notamment l’agriculture, l’élevage, les énergies vertes et le tourisme. La diplomatie parlementaire figure également parmi les pistes évoquées, signe d’une volonté d’élargir les échanges au-delà du seul canal gouvernemental.
Cette orientation pourrait contribuer à donner davantage de contenu économique et institutionnel à une relation que les deux pays souhaitent inscrire dans une dynamique plus soutenue. L’enjeu est notamment de transformer les affinités historiques entre les peuples béninois et gabonais en opportunités concrètes de coopération. Les liens humains évoqués lors des échanges constituent en effet un socle sur lequel peuvent s’appuyer de nouveaux partenariats.
Le choix de l’agriculture, de l’élevage et de l’énergie verte traduit, à cet égard, une volonté de miser sur des secteurs directement liés aux défis de développement et de transition économique. Le tourisme apparaît, lui aussi, comme un terrain propice à la valorisation des patrimoines et au rapprochement des peuples. Quant à la diplomatie parlementaire, elle ouvre une autre voie pour consolider les relations institutionnelles et favoriser le partage d’expériences entre les deux pays.
Cette rencontre entre Corinne Amori Brunet et Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny intervient donc comme une séquence diplomatique à double portée : une convergence sur les grands enjeux africains, notamment la paix et la sécurité, mais aussi la volonté de raviver une coopération bilatérale autour de domaines concrets. Reste désormais à transformer ces perspectives en initiatives, accords et projets capables de donner une traduction tangible à cette nouvelle impulsion annoncée entre Cotonou et Libreville.
Saturnin Comlan HOUNKPE