Reçu le jeudi 22 octobre 2026 par le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Habib B. Agonkan, le Comité international de la Croix-Rouge a évoqué plusieurs pistes de coopération, notamment la santé des militaires, la formation des Forces armées béninoises au droit international humanitaire et la protection des personnes touchées par les conflits.
Le renforcement des capacités militaires ne se limite pas aux équipements et à la préparation opérationnelle. Il implique également la maîtrise des règles qui encadrent l’action des forces armées et protègent les personnes affectées par les conflits. C’est dans cette perspective que le ministre délégué auprès du président de la République, chargé de la Défense nationale, Gildas Habib B. Agonkan, a reçu, jeudi 22 octobre 2026, une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), conduite par Lorenzo Redalie, chef de la délégation régionale, accompagné du chef de mission pour le Bénin. Les échanges ont porté sur les possibilités de renforcer la coopération entre l’organisation humanitaire et les autorités béninoises.
Installé à Cotonou depuis deux ans, le CICR intervenait auparavant au Bénin depuis son bureau d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Organisation humanitaire indépendante, il œuvre notamment à la protection des civils, à l’assistance aux blessés militaires et au respect du droit international humanitaire (DIH). Au cours de l’audience, Lorenzo Redalie a présenté les domaines d’intervention de l’institution, dont les activités couvrent les quatre départements du nord du Bénin.
L’action du CICR concerne également les personnes privées de liberté et leurs proches. L’organisation effectue des visites régulières dans les établissements pénitentiaires et accompagne les familles des personnes arrêtées ou détenues, avec pour objectif de contribuer à la protection de leur dignité et à l’amélioration des conditions de détention. Au centre des discussions avec le ministère de la Défense nationale figurent plusieurs axes de collaboration envisagés. La santé des militaires, la formation des Forces armées béninoises aux règles du droit international humanitaire et une meilleure connaissance du mandat du CICR par les acteurs concernés ont notamment été évoquées. L’application concrète de ces règles dans les activités quotidiennes des forces de défense constitue l’un des principaux enjeux de cette démarche.
Les deux parties ont également envisagé des rencontres confidentielles entre les militaires et les représentants du CICR. Ces échanges permettraient aux professionnels de la défense de partager leurs expériences de terrain dans un cadre réservé, adapté aux exigences de confidentialité propres à leurs missions. Un premier atelier de formation destiné à des officiers devrait se tenir dans les prochains jours, en prélude aux discussions relatives à un éventuel accord de partenariat entre le ministère et l’organisation humanitaire.
À l’issue de l’audience, Gildas Agonkan a réaffirmé l’attachement des Forces armées béninoises au respect du droit international humanitaire et à la protection des personnes dans l’exercice de leurs missions. Il a également rappelé les efforts du gouvernement en faveur de l’amélioration des conditions de détention et de la poursuite des réformes dans le secteur pénitentiaire. Cette coopération potentielle intervient dans un contexte où la protection des populations et le respect des règles applicables aux conflits armés constituent des enjeux majeurs pour les États confrontés aux menaces sécuritaires. La formation des militaires au DIH vise notamment à mieux faire connaître les obligations relatives à la conduite des opérations et au traitement des personnes protégées par ces règles.
L’audience du 22 octobre ouvre ainsi une nouvelle perspective de dialogue entre le ministère de la Défense nationale et le CICR. Toutefois, les pistes évoquées ne constituent pas encore, à elles seules, un accord formel de partenariat : l’atelier annoncé et les discussions à venir devront permettre de préciser les modalités d’une éventuelle collaboration.
Au-delà des impératifs de défense, l’enjeu est de faire du respect du droit humanitaire une composante pleinement intégrée à la formation et aux pratiques des forces armées. La prochaine étape sera donc de traduire les échanges en actions concrètes, au bénéfice des militaires comme des personnes que leurs opérations sont appelées à protéger.
Saturnin Comlan HOUNKPE