_(Une concertation stratégique pour une veille citoyenne renforcée)_
La Commission Électorale Nationale Autonome (CÉNA) a donné rendez-vous, ce mercredi 6 août 2025, aux acteurs de la société civile pour une rencontre d’information et de dialogue citoyen, dans la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères. Une initiative saluée pour sa pertinence, dans un contexte où la vigilance démocratique doit s’accompagner de pédagogie institutionnelle et de communication transparente. Cette rencontre, d’une rare densité, visait à associer les Organisations de la société civile (OSC) à la préparation du processus électoral, à travers une présentation des étapes clés du chronogramme, une clarification des orientations en matière de communication, et une réponse lucide aux préoccupations persistantes concernant l’organisation des scrutins à venir.
Prenant la parole au nom de l’institution électorale, le Directeur Général des Élections
Boucary Abou Soulé Adam a été a brossé un tableau exhaustif des préparatifs techniques, logistiques et juridiques en cours. Il a rassuré les participants quant à la disponibilité effective des ressources financières nécessaires à l’organisation des trois scrutins majeurs à venir – législatives, municipales et présidentielle – tout en rappelant l’importance d’une planification rigoureuse, respectueuse des délais constitutionnels. Au nombre des points saillants abordés figurent : la mise à jour des statistiques électorales, l’inventaire du matériel électoral, la publication imminente de la décision fixant la liste des pièces exigées des candidats à la présidentielle, la disponibilité du formulaire de parrainage, ainsi que la finalisation du calendrier électoral, dont la publication est prévue entre le 11 et le 18 août 2025. Le Directeur Général des Élections a profité de l’occasion pour dissiper une rumeur persistante, selon laquelle la CÉNA ne respecterait pas les délais électoraux. À ce propos, il a précisé que le chronogramme, souvent confondu avec le calendrier électoral, n’est qu’un instrument interne de gestion et de communication, alors que seul le calendrier électoral a une valeur officielle. Ce dernier est bel et bien en cours de validation et sera publié dans les délais impartis.
Au-delà de l’exposé institutionnel, la séance a été enrichie par une série d’interventions de la part des représentants de la société civile, traduisant leur engagement à jouer pleinement leur rôle dans la veille démocratique. Le Pasteur Michel Alokpon, a émis des réserves sur la qualité des agents des postes de vote, le mode de désignation de ces derniers, ainsi que la fiabilité des procès-verbaux émis au soir du scrutin. Le Secrétaire général de la Fondation Malèhossou, quant à lui, a élevé la voix au nom des valeurs spirituelles, invitant la CÉNA à replacer la crainte de Dieu et la recherche de la paix au cœur de ses actions.
Jean-Baptiste Elias, président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC), a formulé des propositions techniques non négligeables. Autant de suggestions, accueillies avec attention par la CÉNA, qui s’est engagée à les examiner à l’aune de la législation en vigueur.
Répondant point par point aux préoccupations soulevées, le Directeur Général des Élections, Boucary Abou Soulé Adam, a salué la qualité des échanges et a réitéré la détermination de l’institution à associer davantage les OSC au processus électoral, en les intégrant dans une démarche de communication continue et inclusive. Il a souligné que ces apports participatifs, bien qu’exigeants, renforcent la crédibilité du scrutin et la légitimité des résultats.
Prenant la parole pour clore la rencontre, Mme Laurentine Adossou Davo, rapporteure à la CÉNA, a exprimé sa gratitude à l’ensemble des participants pour leur engagement républicain. Elle a rassuré que toutes les contributions reçues seront étudiées avec diligence, dans le strict respect des cadres juridiques en vigueur, et que la CÉNA maintiendra avec la société civile une veille communicationnelle permanente jusqu’à la tenue effective des élections. En définitive, cette rencontre marque une avancée notable vers l’édification d’un processus électoral concerté, inclusif et apaisé.
*Stéphane AHINOUHOSSOU*