Cotonou, 15 juillet 2026, à travers une tribune consacrée à la réforme institutionnelle instituant le Sénat au Bénin, Mitchoagan Degnitché Joachim livre son analyse sur l’une des innovations majeures issues de la révision constitutionnelle de 2025. Pour lui, cette nouvelle institution constitue un levier de consolidation de la démocratie, de préservation de la stabilité politique et de renforcement de la continuité de l’État.
Selon l’auteur, la création du Sénat, prévue par la loi n°2025-20 promulguée à la suite de la révision constitutionnelle du 15 novembre 2025, marque une étape importante dans l’évolution des institutions béninoises. Depuis l’investiture du président Romuald Wadagni, le 24 mai 2026, le Parlement béninois est désormais organisé selon un système bicaméral, comprenant l’Assemblée nationale et le Sénat.
Dans son analyse, Joachim rappelle que le Sénat est composé de 25 à 30 membres, parmi lesquels figurent notamment d’anciens présidents de la République ainsi que des personnalités reconnues pour leur expérience, désignées dans les différents départements. L’âge maximal pour siéger est fixé à 85 ans.
Il souligne également que cette chambre est investie de plusieurs missions essentielles, notamment la régulation de la vie politique afin de préserver l’unité nationale, la démocratie et la paix, la garantie de la continuité de l’État, la promotion des bonnes pratiques dans la gouvernance publique ainsi que la veille sur la gestion des biens publics. Le Sénat intervient également dans l’examen des textes relatifs aux questions politiques, aux finances publiques et à la sécurité, avec la possibilité de demander une seconde lecture des lois adoptées par l’Assemblée nationale.
Pour Mitchoagan Degnitché Joachim, le Sénat ne doit pas être perçu comme une simple institution supplémentaire, mais comme une véritable « chambre de sagesse ». À ses yeux, son rôle consiste à apporter davantage de recul dans les décisions publiques et à contribuer à une gouvernance plus réfléchie, loin des considérations partisanes.
L’auteur insiste sur le caractère qu’il présente comme apolitique de cette institution, estimant qu’elle est appelée à jouer un rôle de régulation, de conseil et de préservation des intérêts supérieurs de la Nation grâce à l’expérience de ses membres.
Dans son plaidoyer, il estime toutefois que la réussite du Sénat dépendra de deux conditions essentielles : son indépendance vis-à-vis des clivages politiques et la prise en compte effective de ses avis par les autres institutions de la République. Il invite également les citoyens, les médias et les organisations de la société civile à accompagner cette réforme afin qu’elle contribue pleinement au renforcement de la démocratie béninoise.
En conclusion, Mitchoagan Degnitché Joachim considère que le Sénat représente un instrument destiné à favoriser une gouvernance plus responsable, plus apaisée et davantage orientée vers la stabilité institutionnelle. Selon lui, cette réforme pourrait, si ses objectifs sont atteints, devenir un facteur important de cohésion nationale et de consolidation des institutions de la République.