Ministère de l’ Enseignement Secondaire : Clément Adéyèmi Kouchadé prend les commandes dans la continuité et la rigueur

  • (Lors de la passation de charge avec Véronique Tognifodé, le nouveau ministre a affiché une méthode fondée sur le pragmatisme, l’équilibre institutionnel et l’efficacité face aux grands défis du système éducatif béninois.)

La cérémonie de passation de charge entre l’ancienne ministre Véronique Tognifodé et le professeur Clément Adéyèmi Kouchadé s’est déroulée hier mardi 26 mai 2026 dans une atmosphère empreinte de solennité, de reconnaissance et d’engagement républicain. Au-delà du rituel administratif, cette transition ministérielle a surtout permis de mettre en lumière les grands défis qui attendent le nouveau patron des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle.


Dans son intervention, Véronique Tognifodé a rappelé avec force qu’« il n’y a pas de fonction sans stabilité des équipements et des ressources humaines ». Une manière de souligner la nécessité de préserver les acquis tout en consolidant les bases institutionnelles du secteur éducatif. L’ancienne ministre a également insisté sur les réformes engagées et les chantiers encore en cours, appelant à une gouvernance fondée sur la continuité et l’efficacité.

Des dossiers sensibles sur la table du nouveau ministre


Parmi les urgences évoquées lors de cette cérémonie figurent notamment la validation du plan stratégique 2026-2030 et la gestion du projet d’harmonisation du baccalauréat au sein de l’UEMOA. Deux dossiers complexes qui exigent, selon plusieurs observateurs, méthode, prudence et sens élevé des responsabilités. Sur la question de l’harmonisation du baccalauréat, les enjeux touchent à la souveraineté curriculaire, aux calendriers académiques encore désynchronisés ainsi qu’aux équilibres institutionnels entre les États membres.

Conscient de la sensibilité du sujet, le professeur Clément Adéyèmi Kouchadé entend avancer avec une approche basée sur « la rigueur, le pragmatisme et le sens de l’équilibre ».


Un profil technique et politique assumé


La nomination du professeur Clément Adéyèmi Kouchadé, physicien, professeur titulaire et maire de Pobè, apparaît comme un choix stratégique du président Romuald Wadagni. À travers cette désignation, le chef de l’État semble privilégier des profils capables de conjuguer expertise technique, expérience administrative et proximité avec les réalités territoriales. Le nouveau ministre donne ainsi l’image d’un homme de terrain, davantage porté vers l’action que vers les effets d’annonce. « Pas un ministre prophète, mais un ministre du terrain », résument certains acteurs du secteur éducatif présents à la cérémonie.


L’heure des grands défis éducatifs


Le professeur Kouchadé hérite toutefois d’un département confronté à des défis structurels majeurs. Les disparités géographiques dans l’accès à une éducation de qualité demeurent importantes. Le manque d’enseignants qualifiés dans plusieurs zones rurales continue également de fragiliser les performances du système éducatif, tandis que la scolarisation et le maintien des jeunes filles restent des préoccupations constantes. À cela s’ajoute l’inadéquation persistante entre les formations dispensées et les besoins réels du marché de l’emploi. Autant de problématiques qui exigent des réponses rapides et durables. Conscient de l’ampleur de la mission, le nouveau ministre a lancé un appel à la mobilisation collective avant de conclure avec gravité : « Nous n’avons pas le droit d’échouer ».


Une transition placée sous le signe de la continuité


Dans ses premiers mots, Clément Adéyèmi Kouchadé a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, saluant chez Véronique Tognifodé « une gouvernance engagée, structurée et résolument tournée vers la performance ». Cet hommage traduit la volonté du nouveau ministre de s’inscrire dans une logique de continuité plutôt que de rupture brutale. Une posture qui semble définir les premiers contours de son action ministérielle : une installation sans arrogance, sans démonstration excessive d’autorité, mais avec une ambition clairement affichée de consolidation et d’accélération des réformes.


À travers cette passation de charge, c’est donc une nouvelle étape qui s’ouvre pour le système éducatif béninois, avec l’espoir d’une gouvernance alliant compétence, proximité et efficacité.

Saturnin Comlan HOUNKPE

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