À l’ouverture de la session budgétaire, le président du Parlement a rendu hommage à Olympe Bhêly-Quenum, Angélique Kidjo, Saara Houansou, Opa et aux sportifs béninois qui se distinguent sur la scène internationale. Au-delà de la célébration des talents, il a souligné le rôle du budget et des politiques publiques dans la pérennisation de ces réussites.
Le Bénin ne manque ni de talents ni de figures capables de porter son nom au-delà de ses frontières. Mais comment faire en sorte que leurs exploits ne soient plus des événements isolés, célébrés au gré des distinctions et des compétitions ? C’est l’une des questions qui ressortent du discours prononcé mercredi 21 octobre 2026 par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année, dite session budgétaire. À cette occasion, le président du Parlement a associé la reconnaissance des mérites nationaux à la responsabilité des pouvoirs publics dans la construction d’un rayonnement durable du Bénin.
Parmi les personnalités mises à l’honneur figure l’écrivain Olympe Bhêly-Quenum, dont le centenaire est célébré en 2026. Auteur de Un piège sans fin, Le Chant du lac, Un enfant d’Afrique et L’Initié, le fils de Ouidah a contribué, par son œuvre, à faire connaître le Dahomey, devenu le Bénin, dans les milieux littéraires internationaux. Pour saluer cette contribution de son vivant, Joseph Djogbénou a invité les députés et les personnalités présentes à observer non pas une minute de silence, mais une minute d’applaudissements. Un geste symbolique qui traduit, selon lui, la nécessité de mieux honorer les grandes figures nationales de leur vivant.
Le président de l’Assemblée nationale a ensuite élargi son hommage à plusieurs personnalités dont les parcours illustrent la diversité des talents béninois. Dans la musique, il a cité Angélique Kidjo, figure internationale récompensée à plusieurs reprises aux Grammy Awards, ainsi que Saara Houansou, sacrée championne de The Voice Afrique francophone 2026, et Opa, lauréat du Prix Découvertes RFI 2026. Ces distinctions témoignent de la capacité des artistes béninois à conquérir des espaces de visibilité au-delà du marché national.
Le sport a occupé une place particulière dans cette séquence. Joseph Djogbénou a notamment salué Noélie Yarigo, qui a remporté le titre mondial Masters du 800 mètres dans la catégorie W40 aux championnats organisés à Daegu, en Corée du Sud, en août 2026. Il a également rendu hommage aux jeunes footballeuses béninoises et aux Guépards scolaires U18, qui ont marqué les esprits lors de la Coupe du monde scolaire en Chine. Après une victoire de 7 buts à 0 contre le Qatar, les jeunes Béninois ont battu l’Inde sur le score spectaculaire de 27 buts à 0.
Ces performances, aussi diverses soient-elles, ont un point commun : elles contribuent à la visibilité du pays et nourrissent la fierté collective. Mais leur reconnaissance ne saurait se limiter aux hommages officiels. Derrière les médailles, les trophées et les distinctions se trouvent des années de travail, des besoins de formation, des infrastructures, des encadrements techniques et des moyens financiers. La réussite d’un artiste ou d’un athlète est individuelle, mais les conditions qui permettent à son talent de s’exprimer relèvent aussi d’un environnement collectif.
C’est précisément sur ce terrain que Joseph Djogbénou a établi le lien entre la célébration des mérites et la session budgétaire. En rappelant que le Parlement a un rôle à jouer dans la poursuite des politiques publiques, il a présenté la loi de finances comme un instrument pouvant contribuer au rayonnement du Bénin en Afrique et dans le monde. L’enjeu est de soutenir les conditions dans lesquelles les talents peuvent émerger, se former, progresser et accéder aux compétitions ou aux scènes internationales.
L’ambition exprimée par le président de l’Assemblée nationale tient dans une formule : faire en sorte que les succès béninois « ne soient plus exceptionnels » et deviennent courants. Cette perspective suppose une continuité dans l’accompagnement, une meilleure valorisation des compétences et une attention aux secteurs qui permettent aux talents de se développer. Elle appelle également à mesurer les résultats des politiques engagées, au-delà des annonces et des célébrations.
En reliant les exploits des artistes et des sportifs à la responsabilité budgétaire du Parlement, Joseph Djogbénou pose ainsi une exigence : que la fierté suscitée par les réussites nationales se traduise en investissements durables. Le véritable défi n’est pas seulement de célébrer ceux qui font rayonner le Bénin, mais de créer les conditions pour que davantage de talents puissent, demain, suivre leur exemple.
Stéphane AHINOUHOSSOU