POLITIQUE MONÉTAIRE : LA BCEAO DIT NON À UNE NOUVELLE BAISSE DES TAUX

Réunie le 9 septembre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3 %. Après l’assouplissement opéré en mars, la banque centrale choisit ainsi le statu quo, tout en restant attentive aux risques susceptibles de peser sur l’inflation, la croissance et les conditions de financement dans l’Union.La BCEAO joue la carte de la stabilité.

À l’issue de sa réunion ordinaire du Comité de politique monétaire tenue le 9 septembre 2026, l’institution a maintenu à 3 % son principal taux directeur, celui auquel elle prête ses ressources aux établissements bancaires. Le taux du guichet de prêt marginal reste, lui, fixé à 5 %. Cette décision prolonge le mouvement engagé en mars dernier, lorsque la BCEAO avait abaissé son principal taux de 3,25 % à 3 %, avec effet au 16 mars 2026, dans le but notamment d’assouplir les conditions de financement de l’activité économique.

Le statu quo décidé en septembre intervient cependant dans un environnement international moins prévisible. La BCEAO avait déjà relevé, lors de sa précédente réunion, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ainsi que leurs répercussions potentielles sur les prix de l’énergie et du fret. Elle avait également anticipé une inflation annuelle de 1,6 % en 2026, tout en soulignant la persistance de risques haussiers liés notamment aux produits énergétiques et alimentaires importés.

Dans le même temps, l’économie de l’Union conserve une dynamique relativement solide. Les données publiées par la BCEAO faisaient état d’une croissance réelle de 6,1 % au premier trimestre 2026, avec une prévision de croissance annuelle de 6,1 % pour 2026 et de 6,2 % pour 2027. La banque centrale relevait également une amélioration de la liquidité bancaire et une détente des taux du marché monétaire à la suite de la baisse des taux directeurs intervenue en mars.

Le maintien du taux à 3 % apparaît ainsi comme un choix d’équilibre : continuer à soutenir le financement de l’économie sans relâcher la vigilance face aux risques inflationnistes et aux chocs extérieurs. Pour les banques et, indirectement, pour les entreprises et les ménages, cette stabilité offre une certaine visibilité sur les conditions monétaires à court terme. Mais la BCEAO conserve une marge de manœuvre qu’elle pourrait ajuster en fonction de l’évolution de la conjoncture.

Après avoir assoupli sa politique monétaire en mars, puis consolidé ce choix en juin, l’institution confirme donc en septembre son cap : soutenir l’activité tout en préservant la stabilité des prix. Dans une UEMOA confrontée à des défis économiques, géopolitiques et sécuritaires multiples, le message est celui d’une banque centrale qui privilégie pour l’heure la continuité et la vigilance.

Marcellin TCHAOU

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