L’élection d’Abdoulaye Bio Tchané à la présidence du Conseil économique et social n’entame pas, aux yeux des élus locaux du Bloc Républicain, son autorité politique au sein du parti. Les 32 maires BR affichent leur soutien au président du parti et rejettent toute perspective de succession précipitée.
L’élection d’Abdoulaye Bio Tchané à la tête du Conseil économique et social (CES) aurait-elle ouvert une nouvelle page dans la gouvernance du Bloc Républicain (BR) ? Les maires issus de la formation politique entendent manifestement répondre par la négative. Dans une déclaration collective, les 32 maires du BR réaffirment leur attachement à leur président et se prononcent contre toute initiative visant à organiser, dans l’immédiat, sa succession à la tête du parti.
Pour ces élus communaux, l’accession de Bio Tchané à la présidence du CES relève d’abord d’une consécration institutionnelle. Elle ne saurait, selon leur position exprimée collectivement, être interprétée comme le signe d’un désengagement politique ou comme l’ouverture automatique d’une période de transition au sein du parti.
Une fidélité politique affichée
La déclaration des maires intervient dans un contexte où l’élection du président du BR à la tête de la deuxième institution constitutionnelle du pays peut naturellement nourrir des interrogations sur son avenir à la direction de la formation politique.
Les 32 élus locaux choisissent, eux, de couper court aux spéculations. Ils réaffirment leur soutien au président Bio Tchané et récusent toute perspective de succession qui ne procéderait pas des mécanismes et des instances compétentes du parti.
Cette prise de position traduit surtout une volonté de préserver la cohésion interne du Bloc Républicain. En refusant que l’élection au CES soit assimilée à une vacance politique, les maires BR entendent maintenir la continuité de la direction du parti autour de son président.
Le BR face aux enjeux de son avenir
Au-delà de la personne d’Abdoulaye Bio Tchané, cette déclaration pose la question de la gouvernance et de la stabilité du Bloc Républicain à l’approche des prochaines échéances politiques. Le parti, qui dispose d’un important ancrage territorial à travers ses élus communaux, entend visiblement afficher un front uni.
La position des maires apparaît ainsi comme un signal politique adressé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti : l’élection au CES ne doit pas être confondue avec une passation de pouvoir au sein du BR.
Reste désormais à savoir comment cette orientation s’articulera avec les textes du parti et les éventuelles décisions de ses instances dirigeantes. Pour l’heure, les maires ont choisi la clarté : ils maintiennent leur confiance à Abdoulaye Bio Tchané et ne souhaitent pas voir s’ouvrir, dans la précipitation, le débat sur sa succession.
Une manière, pour les élus locaux du BR, de rappeler qu’au sein d’une formation politique, un changement de fonction institutionnelle ne signifie pas nécessairement changement de leadership partisan.
Marcellin TCHAOU