Le renouvellement du Conseil de régulation de l’ARCEP ouvre une nouvelle étape pour la régulation du secteur des communications électroniques au Bénin.
Parmi les personnalités désormais appelées à siéger au sein de cette institution figure Coovi Hervé Guedegbe, dont le parcours dans le domaine de la régulation constitue, à mon sens, un élément qui mérite une attention particulière.
À l’heure où le Bénin accélère sa transformation numérique, la question du profil appelé à diriger l’ARCEP n’est pas anodine. Elle dépasse la seule désignation d’un responsable administratif. Elle touche à la capacité du pays à construire un environnement numérique stable, compétitif, innovant et protecteur des intérêts des citoyens.
C’est pourquoi je souhaite personnellement voir Coovi Hervé Guedegbe nommé à la présidence de l’ARCEP.
L’expérience comme avantage pour le Bénin
Dans un secteur aussi technique et stratégique que les télécommunications, l’expérience n’est pas un simple élément du curriculum vitae. Elle constitue une capacité opérationnelle.
Un président qui connaît déjà les mécanismes de la régulation, les réalités du marché, les problématiques auxquelles sont confrontés les opérateurs et les attentes des différents acteurs , peut entrer plus rapidement dans l’action.
Pour le Bénin, cela signifie potentiellement moins de temps consacré à la prise en main des dossiers et davantage de temps aux résultats.
Le secteur évolue à une vitesse considérable. Les questions relatives à la qualité de service, à l’accès à Internet, à la concurrence, aux infrastructures numériques, à la gestion du spectre, aux données et aux nouvelles technologies, deviennent de plus en plus complexes.
Le régulateur doit donc être capable de comprendre les enjeux d’aujourd’hui tout en anticipant ceux de demain.
Un enjeu de confiance pour les investisseurs
Le développement du numérique nécessite des investissements importants.
Les opérateurs télécoms, les fournisseurs de services numériques, les investisseurs et les entreprises ont besoin d’un environnement réglementaire lisible, stable et prévisible.
Une ARCEP expérimentée et crédible peut contribuer à renforcer cette confiance.
Pour le Bénin, cette confiance est importante parce que chaque investissement supplémentaire dans les infrastructures numériques peut contribuer à améliorer la connectivité, stimuler l’activité économique et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises et les jeunes entrepreneurs.
Une régulation au service du citoyen
Mais la régulation ne doit pas être pensée uniquement du point de vue des opérateurs ou des investisseurs.
Elle doit également protéger le consommateur.
Les Béninois attendent concrètement une meilleure qualité de service, un accès plus large et plus abordable à Internet, davantage de transparence dans les offres et une prise en compte effective de leurs préoccupations.
Le futur président de l’ARCEP devra donc maintenir un équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs, les intérêts de l’État et les droits des consommateurs.
L’expérience de Coovi Hervé Guedegbe peut constituer, dans cette perspective, un atout.
Préparer le Bénin aux prochaines transformations
Un autre défi sera celui de l’anticipation.
5G, intelligence artificielle, économie des données, services numériques, cybersécurité, paiements électroniques, plateformes numériques : les frontières entre télécommunications et économie numérique deviennent de plus en plus étroites.
Le régulateur de demain ne pourra plus se contenter de gérer les problèmes du présent. Il devra anticiper les mutations technologiques et accompagner leur encadrement.
C’est là que l’expérience acquise dans le secteur peut prendre toute sa valeur
Un choix qui mérite d’être envisagé
Je ne prétends évidemment pas connaître la décision qui sera prise par les autorités compétentes. Et la nomination à la présidence de l’ARCEP relève naturellement de leurs prérogatives.
Mais en tant que citoyen intéressé par l’avenir du numérique au Bénin, je souhaite voir l’expérience de Coovi Hervé Guedegbe mise au service de l’ARCEP à son plus haut niveau de responsabilité.
Parce que le sujet dépasse la personne.
Il s’agit de savoir quelle institution nous voulons pour réguler un secteur qui est désormais au cœur de notre économie, de nos administrations, de nos entreprises et de la vie quotidienne de millions de Béninois.
Une ARCEP forte, expérimentée, crédible et tournée vers l’avenir est un atout pour le Bénin.
Et dans cette perspective, Coovi Hervé Guedegbe pourrait, à mon sens, apporter une expérience précieuse à la tête de l’institution.
Le débat mérite donc d’être posé sereinement, sur la base de l’expérience, des compétences et surtout de l’intérêt supérieur du développement numérique du Bénin.
Julien Pierre AKPAKI
Ancien DG/ ORTB
Ancien SG/ HAAC