Attaque de l’aéroport de Niamey : Wilfried Léandre Houngbedji démonte les accusations farfelues de Tiani

  • (Instrumentaliser une attaque terroriste à des fins de communication politique interne ou de repositionnement diplomatique est une dérive regrettable qui fragilise davantage la coopération régionale. Et le Bénin n’entend pas prendre les menaces de Tiani à la légère)

Au lendemain de l’attaque armée contre la base aérienne de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, les relations diplomatiques entre le Niger et certains pays de la sous-région ont connu un regain de tension. En cause : les déclarations du général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a publiquement accusé le Bénin, aux côtés de la France et de la Côte d’Ivoire, d’être des « sponsors » des assaillants qualifiés de mercenaires.
Face à ces graves allégations, le gouvernement béninois est sorti de sa réserve. Par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, les autorités de Cotonou ont opposé un démenti catégorique à ce qu’elles considèrent comme des accusations sans fondement, dénuées de preuves et politiquement dangereuses.

Le porte-parole du gouvernement béninois a rappelé que le Bénin n’a aucun intérêt, ni stratégique, ni politique, à soutenir des actions armées contre un pays voisin avec lequel il partage des liens historiques, humains et commerciaux profonds.
Pour Cotonou, ces accusations relèvent davantage d’une tentative de diversion que d’une analyse objective des faits survenus à Niamey.

Le gouvernement béninois estime que, dans un contexte sous-régional déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires, de telles déclarations publiques, non étayées par des éléments concrets, ne contribuent ni à l’apaisement, ni à la recherche de solutions durables contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière.
Pour le gouvernement béninois, ces propos sont perçus comme une manœuvre politique visant à désigner des boucs émissaires extérieurs. Les autorités béninoises parlent d’une machination aux contours flous, construite sur des accusations jugées farfelues, car reposant davantage sur des insinuations que sur des faits établis.

Pour le gouvernement, instrumentaliser une attaque terroriste à des fins de communication politique interne ou de repositionnement diplomatique est une dérive regrettable qui fragilise davantage la coopération régionale.

Sans verser dans la surenchère verbale, le gouvernement béninois a choisi une posture de retenue diplomatique. Cotonou appelle à la responsabilité des dirigeants de la sous-région et réaffirme son attachement au dialogue, à la coopération sécuritaire et à la lutte concertée contre les groupes armés qui menacent l’espace sahélien et côtier. Tout en rejetant fermement les accusations, les autorités béninoises ont tenu à rassurer l’opinion publique nationale : le Bénin ne prend aucune menace à la légère. Les dispositifs de sécurité aux frontières et à l’intérieur du territoire national restent renforcés afin de prévenir toute tentative de déstabilisation.

Au-delà des déclarations politiques, le gouvernement béninois rappelle que les peuples béninois et nigérien sont liés par une longue histoire de fraternité, de brassage culturel et de solidarité. À ce titre, Cotonou appelle à ne pas laisser des accusations infondées fragiliser ces relations humaines profondes. En définitive, le Bénin réaffirme sa position de pays responsable, attaché à la paix et à la stabilité régionale. Il rejette toute implication dans l’attaque de Niamey et invite les autorités nigériennes à privilégier la coopération et la recherche de solutions communes, plutôt que la désignation hâtive de responsables extérieurs sur la base d’éléments non établis.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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