- Le Chef de l’État réaffirme son attachement aux institutions, à l’armée républicaine et à une démocratie désormais assumée
Au lendemain de la tentative de coup d’État avortée du dimanche 7 décembre 2025, le Président de la République, Patrice Talon, a pris la parole face aux journalistes dans un contexte national empreint d’émotion, d’inquiétudes mais aussi d’attentes légitimes. À travers une conférence de presse qualifiée de vérité et de pédagogie, le Chef de l’État a tenu à éclairer l’opinion publique, à dissiper les amalgames et à réaffirmer la solidité des institutions de la République.
Loin de toute esquive, Patrice Talon a choisi de s’exprimer ouvertement sur les faits ayant entouré cette tentative de déstabilisation. Dans un exercice de franchise rare, il a reconnu l’existence de failles, tout en assumant pleinement sa responsabilité de Chef de l’État.
« Certes, il y a eu quelques failles, je manquerais de sincérité à ne pas le reconnaître », a-t-il déclaré, appelant à une lecture lucide et responsable de la situation.
Abordant les réactions suscitées par ces événements, Patrice Talon a tenu à rappeler les fondements de l’État de droit. Il a fermement condamné toute forme de réjouissance ou de glorification d’actes criminels.
« Se réjouir d’un crime est condamnable. On ne peut ni applaudir ni se réjouir publiquement d’un crime », a-t-il martelé, dénonçant les tentatives de récupération politique ou émotionnelle d’un acte qui aurait pu plonger le pays dans l’instabilité.
Garde nationale et armée : clarification sans équivoque
L’un des points centraux de cette conférence de presse a été la clarification autour de l’implication présumée de la garde nationale. Le Chef de l’État a levé toute ambiguïté, affirmant avec fermeté que l’institution militaire, dans son ensemble, n’a jamais été engagée dans cette tentative de coup de force.
« Ce n’est ni le commandement, ni le sous-commandement… ce sont quelques égarés, manipulés par des nostalgiques et des jaloux », a précisé Patrice Talon, dissociant des actes isolés de l’engagement républicain de l’armée béninoise.
Il a salué la loyauté, la discipline et le professionnalisme des Forces de défense et de sécurité, soulignant que toutes les garnisons ont immédiatement réaffirmé leur attachement aux institutions et au Chef suprême des armées dès les premières heures de la crise.
Le Président de la République a également mis en exergue la réactivité exemplaire de l’appareil sécuritaire. L’intervention rapide des renforts, notamment en provenance des camps militaires d’Allada et de Ouidah, témoigne, selon lui, d’une armée structurée, cohérente et résolument tournée vers la défense de la République.
Pour Patrice Talon, ces faits démontrent que le Bénin a franchi un cap décisif dans la consolidation de son système de sécurité et dans la professionnalisation de ses forces armées.
Au-delà de la crise sécuritaire, le Chef de l’État a élargi sa réflexion à la gouvernance démocratique. Revenant sur certaines critiques relatives à la création du Sénat, il a rappelé que ce dernier, n’est pas une innovation béninoise ni une entorse à la démocratie.
Le Bénin a grandi
À travers cette conférence de presse,
Patrice Talon a adressé un message fort : le Bénin a grandi. Par la solidité de ses institutions, par la loyauté de son armée et par la maturité de son peuple. En choisissant la pédagogie, la vérité et la responsabilité, le Chef de l’État a voulu rassurer la Nation et la communauté internationale sur la capacité du pays à faire face aux défis sans renier ses valeurs républicaines.
Plus qu’un simple exercice médiatique, cette sortie présidentielle apparaît comme un acte de leadership assumé, confirmant que la démocratie béninoise, éprouvée mais debout, avance désormais avec assurance et discernement.
Saturnin Comlan HOUNKPE