- (Cet acteur politique très engagé et cadre supérieur du ministère des finances propose une « feuille de route de la réconciliation » à Patrice Talon)
Invité de l’émission politique de Radio Capp FM, Gabin Ahodédji Allognon, acteur politique bien connu de l’échiquier national et cadre supérieur au ministère de l’Économie et des Finances, a livré une analyse sans détour de la situation politique nationale à l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril. Plusieurs fois candidat aux élections législatives dans la 9ᵉ circonscription électorale contre les ex-Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de l’ancien président Boni Yayi, conduites par Komi Koutché, à qui il s’était durement opposé en faisant le choix de l’alternance démocratique et crédible entre 2015 et 2016, Gabin Ahodédji Allognon a, dans son intervention a mis en garde contre les risques que ferait peser la tenue du scrutin dans le contexte actuel.
Pour Gabin Allognon, aller aux élections sans décrispation préalable constituerait « une catastrophe » pour la légitimité du processus électoral et pour la paix sociale. Selon lui, le climat politique demeure marqué par des tensions persistantes, des frustrations politiques et sociales, ainsi que par l’exil de plusieurs acteurs de la vie publique et l’incarcération de figures politiques. Une situation qui, à ses yeux, fragilise l’adhésion populaire au jeu démocratique et nourrit la défiance d’une partie de l’opinion. L’invité de Capp FM a ainsi proposé ce qu’il qualifie de « feuille de route de la réconciliation », qu’il adresse au président Patrice Talon dans ce qu’il présente comme l’ultime phase de son mandat. Il invite le chef de l’État à poser des actes forts en faveur de l’unité nationale, en œuvrant notamment pour le retour des exilés politiques et la libération de détenus en lien avec la crise politique. «
La paix est le gage de l’unité nationale et du vivre-ensemble », a-t-il insisté, appelant à des gestes d’apaisement susceptibles de restaurer la confiance entre les différents acteurs de la nation.
Dans cette dynamique, Gabin Allognon plaide pour l’organisation d’assises nationales inclusives. Ces rencontres, selon lui, devraient permettre d’aborder sans tabou « les sujets qui fâchent », dans un esprit de dialogue, de responsabilité et de dépassement des clivages partisans.
L’objectif affiché est de jeter les bases d’un consensus national minimal autour des règles du jeu démocratique et de la cohésion sociale avant toute échéance électorale majeure.
L’intervenant a enfin alerté sur le risque d’une faible légitimité populaire du futur scrutin présidentiel si le contexte actuel perdure. Évoquant le taux de participation, il a estimé que, dans les mêmes conditions, l’élection du 12 avril pourrait se solder par une adhésion populaire très limitée, affaiblissant d’emblée l’autorité politique issue des urnes.
L’appel de Gabin Allognon se veut avant tout une alerte patriotique et constructive. Ce « son de cloche » mérite, de l’avis de plusieurs observateurs, d’être entendu par le président Patrice Talon, dans la mesure où il s’inscrit dans une logique de prévention des crises et de consolidation de la cohésion nationale.
Accorder une écoute attentive à ces propositions, contribuerait à renforcer la concorde sociale, à apaiser les tensions latentes et à conforter l’image d’un leadership soucieux de l’héritage institutionnel et de la stabilité du pays.
Stéphane AHINOUHOSSOU
L’appel de Gabin Ahogbédji Allognon
pour une réconciliation inclusive
Récemment désigné porte-parole des participants venus des quatre (04) coins du monde lors des Rencontres Coopératives pour une paix durable, tenues à Bordeaux (France) à la mi-décembre 2025, Gabin Ahogbédji Allognon plaide pour une dynamique nationale de réconciliation fondée sur l’inclusivité.
L’économiste financier appelle à l’implication des chefferies traditionnelles, de l’Église catholique romaine et des gardiens de la Tradition, qu’il considère comme des acteurs moraux et sociaux incontournables pour retisser la cohésion nationale et favoriser le retour de toutes les forces vives de la Nation dans l’espace public.
Sur le plan de la gouvernance, il insiste sur la nécessité d’une action publique orientée vers l’amélioration du panier de la ménagère, en réponse à la cherté de la vie et aux attentes sociales croissantes. Gabin Allognon souligne également l’urgence de poursuivre et d’amplifier les efforts de rayonnement international et culturel du Bénin, à travers une diplomatie qu’il souhaite « bien huilée », crédible et proactive, capable de rassurer, de convaincre et de saisir, au bon moment, les opportunités internationales de développement.