La désignation de Romuald Wadagni comme dauphin du président Patrice Talon continue de susciter analyses et réactions. Pour le socio-anthropologue Georges Anagonou, ce choix dépasse la stratégie politique et s’apparente à une inspiration divine.
Invité le 8 septembre dernier sur l’émission L’info continue de Canal 3 Bénin, l’universitaire a livré une lecture singulière de l’annonce qui place l’actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances au cœur de la succession présidentielle. Selon lui, « l’unanimité quasi immédiate qu’a provoquée cette désignation est sans précédent ». Il estime que « Dieu lui-même a inspiré ce choix au chef de l’État ».
Un choix qui transcende les clivages
Romuald Wadagni, 48 ans, est ministre de l’Économie et des Finances depuis 2016. Diplômé de l’EM Lyon Business School et de l’Université Paris-Dauphine, il a exercé dans des cabinets d’audit internationaux tels que Deloitte et PricewaterhouseCoopers avant de revenir au Bénin. Son parcours, marqué par la rigueur et la transparence, lui a valu d’être distingué en 2020 par le magazine britannique The Banker comme ministre des Finances de l’année en Afrique.
« Le président Talon avait plusieurs options dans son entourage, mais seul Wadagni suscite une telle adhésion. Cela prouve que ce choix ne relève pas uniquement d’une stratégie politique, mais d’une révélation divine », insiste Georges Anagonou.
Une opposition prise de court
Pour l’universitaire, l’opposition n’avait pas anticipé un tel profil. « Elle s’attendait à un dauphin politique, pas à une personnalité technocratique, reconnue et respectée au niveau international. Wadagni déjoue les pronostics », affirme-t-il. Selon Anagonou, ce n’est pas simplement un ministre promu candidat, mais un acteur crédible auprès des institutions financières mondiales, ce qui lui confère une stature particulière.
Une légitimité populaire renforcée
Depuis l’annonce, de nombreux soutiens se sont manifestés, allant des organisations de jeunesse à la société civile, en passant par certains leaders religieux. Pour Anagonou, cet engouement inédit illustre le caractère « providentiel » du choix. « Rares sont les candidatures qui, dès le premier jour, créent un tel effet de ralliement. Les Béninois voient en Wadagni une figure capable de porter l’avenir du pays », analyse-t-il.
Vers une campagne décisive
Le socio-anthropologue appelle toutefois à une véritable confrontation démocratique. « Les Béninois attendent une compétition d’idées et de projets. L’opposition doit se réorganiser et trouver une personnalité de même envergure pour offrir une campagne équilibrée », conclut-il.
Stéphane AHINOUHOSSOU