La Guinée honorée : Dr Bah Fatoumata élevée au grade de Chevalier de l’OIPA/CAMES

  • (Une reconnaissance panafricaine pour une chercheuse guinéenne au parcours exemplaire)

Le 19 juin 2026 le Conseil des Ministres du CAMES, réuni en sa 18ème session ordinaire dans la capitale gabonaise, a prononcé l’admission au grade de Chevalier de l’Ordre International des Palmes Académiques (OIPA/CAMES) de plusieurs dizaines d’enseignants-chercheurs et chercheurs venus de onze pays d’Afrique francophone. Parmi les cinq personnalités retenues pour la Guinée figure une femme dont le nom s’impose de plus en plus dans le paysage universitaire national : Dr Bah Fatoumata.


Une scientifique au service de la formation supérieure


Maître-Assistante en Biochimie et Biologie Moléculaire à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Dr Bah Fatoumata dirige également l’École Supérieure du Tourisme et de l’Hôtellerie (ESTH), une institution stratégique pour la professionnalisation du secteur touristique guinéen. Cette double casquette, celle de la chercheuse en sciences fondamentales et celle de la gestionnaire d’un établissement de formation, illustre une trajectoire rare, faite de rigueur scientifique et d’engagement institutionnel.

Femme engagée, Faranah, la terre qui l’a vu naître, elle incarne une génération de cadres guinéens qui conjuguent excellence académique et sens du service public. Sous sa direction, l’ESTH a connu ces derniers mois plusieurs avancées notables dans la modernisation de son offre pédagogique, notamment à travers un partenariat avec la coopération turque (TIKA) ayant permis l’inauguration de nouvelles salles de travaux pratiques dédiées aux filières sciences alimentaires et nutritionnelles, entre autres.

Une voix pour les femmes dans la recherche

Au-delà de ses responsabilités institutionnelles, Dr Bah Fatoumata s’est également distinguée par son engagement en faveur de la place des femmes dans le monde académique guinéen. Elle a notamment pris la parole dans le cadre du vaste programme national « 1000 PHD et 5000 masters », porté par le ministère de l’Enseignement supérieur, pour alerter sur la faible représentativité des enseignantes-chercheures dans les établissements du pays, une prise de position qui témoigne de sa capacité à porter, au-delà de son propre parcours, les enjeux structurels de sa profession.

Une distinction qui récompense la constance

L’admission au grade de Chevalier de l’OIPA/CAMES n’est pas une décoration protocolaire parmi d’autres. Elle sanctionne, au niveau de l’ensemble de l’espace CAMES. seize pays d’Afrique et de l’océan Indien, un travail scientifique et institutionnel reconnu par les pairs et validé par le Conseil de l’Ordre. Que la Guinée compte cette année cinq récipiendaires, dont Dr Bah Fatoumata, dit quelque chose de la vitalité retrouvée de son enseignement supérieur.

Pour ses collègues comme pour les étudiants de l’ESTH, cette distinction est d’abord la reconnaissance d’une méthode , celle d’une femme de dossier, exigeante avec elle-même, qui a fait de la rigueur scientifique un principe de gestion et de la gestion un prolongement de sa vocation de chercheuse. Un exemple qui, au-delà de sa personne, rejaillit sur toute une génération de scientifiques guinéennes.

Saturnin Comlan HOUNKPE

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