_Après un premier trimestre marqué par une collecte en retrait, les recettes douanières reprennent de la vigueur au deuxième trimestre 2026. Entre avril et juin, 199,7 milliards de FCFA ont été mobilisés, contre 178,7 milliards au cours des trois premiers mois de l’année. Une remontée de 21 milliards de FCFA qui porte à 378,4 milliards le cumul semestriel, dans un contexte économique et sécuritaire encore contraignant._
La Douane béninoise reprend de l’élan. Au terme du premier semestre 2026, les recettes mobilisées atteignent 378,4 milliards de FCFA. Le mouvement s’est particulièrement accéléré au deuxième trimestre, avec une collecte de 199,7 milliards de FCFA, contre 178,7 milliards entre janvier et mars. En l’espace de trois mois, l’administration douanière a ainsi engrangé près de 21 milliards de FCFA supplémentaires, soit une progression de 11,7 %. Cette remontée intervient après un début d’exercice difficile. À fin juin, le niveau de mobilisation représente 39,9 % de l’objectif annuel révisé, fixé à 947,4 milliards de FCFA. La seconde moitié de l’année concentre ainsi une part importante de l’effort de mobilisation, avec 569 milliards de FCFA restant à recouvrer pour atteindre la prévision budgétaire. Le bilan semestriel reste toutefois en retrait par rapport à celui de 2025. Les recettes enregistrées au 30 juin 2026 accusent un déficit de 29,5 milliards de FCFA comparativement à la même période de l’année précédente. Le rapport d’exécution du budget de l’État relie notamment cet écart au retard accumulé au premier trimestre, qui continue de peser sur le résultat cumulé.
Plusieurs facteurs ont contrarié la mobilisation des recettes depuis le début de l’exercice. Le rapport cite le maintien de la fermeture de la frontière avec le Niger, une conjoncture économique défavorable et les répercussions de la crise au Moyen-Orient. Il relève également l’attentisme des opérateurs économiques pendant la période électorale, la baisse du cours du naira face à la hausse du dollar ainsi que les menaces sécuritaires persistantes dans certaines zones du nord du Bénin. Dans ce contexte, certains segments de la fiscalité douanière affichent néanmoins des résultats en progression. Les droits et taxes à l’exportation enregistrent une hausse de 17,9 % sur un an. Les autres recettes fiscales progressent, pour leur part, de 25 %. Ces évolutions ouvrent des marges supplémentaires de mobilisation, même si elles ne compensent pas entièrement le recul observé sur les principaux postes de recettes. Sur la période 2022-2026, la courbe des recettes traduit une progression du niveau de mobilisation. À fin juin, celles-ci sont passées de 249,2 milliards de FCFA en 2022 à 378,4 milliards en 2026. Cette évolution sur quatre ans contraste toutefois avec le repli enregistré cette année par rapport au niveau atteint en 2025.
Face aux contraintes qui affectent l’environnement de la collecte, la Douane renforce son dispositif. La lutte contre la fraude s’intensifie, tandis que la digitalisation des procédures se poursuit. L’administration accorde également une attention accrue au suivi des restes à recouvrer et aux contrôles après dédouanement. La stratégie mise en avant repose aussi sur une meilleure maîtrise des flux et de la valeur, une gestion plus rigoureuse de la dette douanière et une exploitation renforcée des données. La facilitation des échanges figure également parmi les leviers mobilisés pour soutenir l’activité économique et, par ricochet, les recettes.
Avec 378,4 milliards de FCFA déjà mobilisés au premier semestre, la Douane affiche ainsi un deuxième trimestre plus dynamique que le premier. La progression de 11,7 % entre les deux périodes donne une nouvelle impulsion à la collecte. Les services douaniers s’activent désormais autour des différents leviers de mobilisation afin de prolonger cette dynamique au cours des prochains mois.
Stéphane AHINOUHOSSOU