TRIBUNE : Trump, faiseur de paix ou dernier recours ?​

Dans un monde où les institutions multilatérales peinent à agir efficacement, Donald Trump s’impose comme un acteur diplomatique direct et déterminé. Qu’on l’approuve ou qu’on le critique, il occupe désormais une place centrale dans la recomposition géopolitique mondiale.


UkraineRussie : la diplomatie de choc de Trump

Dès la campagne électorale, Donald Trump promettait de mettre fin rapidement à la guerre russo-ukrainienne en cas de retour à la Maison-Blanche. Une fois réélu, il est passé à l’action.

Sa méthode est frontale. Dialogue direct avec Volodymyr Zelensky. Contacts téléphoniques répétés avec Vladimir Poutine. Missions confiées à son émissaire, Steve Witkoff.
Trump refuse une approche uniquement compassionnelle du conflit. Il pousse Zelensky à clarifier ses attentes et ses lignes rouges. En parallèle, il explore avec Moscou les voies d’une sortie politique. Pour montrer sa volonté de négocier, il suspend d’abord les livraisons d’armes à Kiev, avant de les rétablir via un financement de l’Otan, face à lintensification des frappes russes.
Exaspéré par l’absence d’avancées, Trump fixe le 28 juillet un ultimatum de douze jours à Vladimir Poutine. Il menace de sanctions secondaires visant la Russie, mais aussi la Chine et l’Inde.

Cette fermeté s’accompagne dun renforcement militaire américain, avec le déploiement de sous-marins nucléaires dans la zone.

Le 15 août, contre toute attente, Trump reçoit Vladimir Poutine en Alaska, sur le sol américain.

Cette rencontre historique n’aboutit pas à un cessez-le-feu immédiat. Elle pose cependant les bases d’un accord de paix à négocier. Washington promet à terme à l’Ukraine des garanties de sécurité comparables à celles de l’Otan. Des échanges territoriaux sont également évoqués.

La Russie contrôle aujourdhui plus de 20 % du territoire ukrainien, incluant quatre oblasts ainsi que la Crimée, annexée en 2014. Moscou domine militairement 100 % de Louhansk, 72 % de Zaporijjia, 72 % de Kherson et 69 % de Donetsk.
Même sans avancée concrète, le sommet dAlaska bouleverse les équilibres diplomatiques. Vladimir Poutine, jusque-là isolé par les Occidentaux, revient au centre du jeu. Inquiets, les soutiens européens de lUkraine accompagnent Zelensky à la Maison-Blanche le 18 août 2025 pour défendre une position commune.
Étaient présents : Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Alexander Stubb, Mark Rutte et Ursula von der Leyen. À l’issue de cette rencontre inédite, Zelensky salue les efforts de Trump et se dit favorable à une rencontre trilatérale Trump-Poutine-Zelensky.

Le 28 décembre, Trump reçoit de nouveau Zelensky à Mar-a-Lago. Au préalable, il échange pendant une heure et demie avec Vladimir Poutine. Il affirme que 95 % du processus de sortie de crise est acté. Selon lui, la Russie est prête à mettre fin à la guerre en échange de concessions énergétiques et économiques en faveur de l’Ukraine.
Zelensky souligne la difficulté dorganiser un référendum sur la cession de territoires. Il n’exclut toutefois pas une saisine du Parlement ukrainien. De leur côté, les Européens confirment un soutien financier sous forme de prêts, faute de pouvoir utiliser directement les avoirs russes gelés.
Alaska, Maison-Blanche, Mar-a-Lago : les initiatives de Trump structurent désormais le jeu diplomatique. Le conflit se poursuit sur le terrain, mais la stratégie américaine est claire. Une diplomatie du deal, mêlant pression, menace et concessions.

Avant janvier 2025, la guerre était dans une impasse totale. Trump a rétabli le dialogue avec Poutine, acteur incontournable mais marginalisé. Depuis son retour au pouvoir, il a contribué à la résolution de plusieurs conflits majeurs : Azerbaïdjan-Arménie, Rwanda-RDC, Iran-Israël, Inde-Pakistan.

L’exploit reste possible en Ukraine. Un accord négocié, soutenu par le poids américain et la pression directe de Donald Trump, apparaît aujourdhui comme une issue politique crédible, malgré les incertitudes militaires, territoriales et financières.

Romain Léandre KIKI
Juriste – Consultant en communication politique et Institutionnelle
Diplômé de l’université Paris XII

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