ÉTAT CIVIL : L’ANIP FRANCHIT LE CAP DES 50 000 ACTES DE NAISSANCE GRATUITS

C’est l’un des résultats marquants de la campagne spéciale menée en septembre par l’Agence nationale d’identification des personnes. Au total, 50 109 enfants de moins de 14 ans ont bénéficié gratuitement de leur acte de naissance. Une opération qui remet au premier plan la question de l’identité légale et de l’accès aux droits fondamentaux

Ils sont désormais 50 109 à disposer gratuitement d’un document qui constitue l’une des premières preuves juridiques de leur existence. Lancée le 16 septembre 2026 à Parakou, dans le cadre de la Journée internationale de l’identité, l’opération spéciale conduite par l’ANIP s’est achevée le 30 septembre. Elle ciblait les enfants de moins de 14 ans qui n’avaient encore jamais obtenu leur acte de naissance auprès de l’agence.

Derrière ce chiffre se joue une question qui dépasse largement la simple délivrance d’un document administratif. L’acte de naissance permet en effet d’établir juridiquement l’identité d’un enfant et constitue une pièce essentielle dans l’accès, au fil de la vie, à différents services et droits. L’ANIP présente ainsi l’enregistrement des naissances comme un maillon essentiel de la construction d’un système national d’identification fiable.

L’opération a été conduite avec l’appui du projet WURI-Bénin et de l’UNICEF. Elle intervient dans le prolongement des réformes engagées pour rapprocher les services d’état civil des populations et réduire le nombre d’enfants dépourvus de documents attestant leur identité. Le gouvernement avait annoncé cette campagne gratuite pour les moins de 14 ans n’ayant jamais obtenu leur acte auprès de l’ANIP.

Le résultat final est venu dépasser le premier bilan rendu public à la veille de la clôture de la campagne. Au 28 septembre, plus de 32 000 enfants avaient déjà bénéficié du dispositif. Deux jours plus tard, le bilan définitif s’établissait à 50 109 actes délivrés gratuitement.

Cette opération exceptionnelle s’inscrit dans une réforme plus large de l’état civil béninois. L’ANIP travaille notamment à rapprocher la déclaration de naissance de l’enregistrement proprement dit grâce aux Guichets uniques de déclaration des naissances installés dans des formations sanitaires. Selon l’UNICEF, ce dispositif permet de réduire la rupture qui existait auparavant entre la déclaration effectuée après l’accouchement et l’enregistrement administratif de l’enfant.

La stratégie vise désormais à élargir progressivement cette couverture. L’objectif affiché par l’ANIP est de faire en sorte qu’aucun enfant ne reste sans identité légale, avec notamment la généralisation progressive des mécanismes d’enregistrement et le renforcement du Registre national des personnes physiques.

Pour les autorités et leurs partenaires, le défi ne se résume donc pas à atteindre un nombre élevé d’actes délivrés. Il consiste surtout à faire de l’enregistrement des naissances une démarche accessible à chaque famille, y compris dans les zones éloignées des centres administratifs. Car derrière les statistiques de l’état civil, il y a une réalité simple : un enfant enregistré est un enfant juridiquement identifié, mieux pris en compte dans les politiques publiques et plus à même de faire valoir ses droits.

Stephane AHINOUHOSSOU

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