VISITE DE WADAGNI EN FRANCE SUR FOND DE RETOMBÉES : 65,5 MILLIARDS FCFA MOBILISÉS AUTOUR DE TROIS PRIORITÉS: ÉLECTRICITÉ, AGRICULTURE ET SANTÉ
Énergie, souveraineté alimentaire et justice : les engagements annoncés à Paris placent les services essentiels et le développement des compétences nationales au cœur de nouveaux financements. À eux seuls, les trois projets mis en avant représentent 65,5 milliards de FCFA, avec des effets attendus dans plusieurs départements du pays.

La visite du président Romuald Wadagni à Paris se traduit par une nouvelle série d’engagements dans des secteurs directement liés aux conditions de vie des populations. Autour de l’Agence française de développement, de l’Union européenne et de Bpifrance, plusieurs initiatives doivent contribuer au financement de projets dans l’énergie, l’agriculture et la justice.
Dans le secteur énergétique, le projet PEDER+ constitue l’un des principaux volets de cette mobilisation. Son financement global atteint 173 millions d’euros et associe notamment l’AFD, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ainsi que l’Union européenne. Le projet doit permettre de raccorder 120 000 nouveaux abonnés et d’améliorer l’accès à l’électricité dans 750 localités, au bénéfice d’environ 600 000c personnes.
Les interventions sont concentrées notamment dans les départements du Mono, du Couffo et du Borgou, avec la construction ou la réhabilitation d’environ 4 500 kilomètres de lignes électriques. L’objectif affiché est également de réduire les disparités territoriales d’accès à l’électricité et d’améliorer la fiabilité des réseaux.
À côté de l’énergie, le volet consacré à l’agriculture vise à renforcer la production et la transformation des filières destinées à l’alimentation. Une partie des engagements porte notamment sur la structuration de la filière piscicole dans plusieurs communes du Nord ainsi que sur l’accompagnement des filières avicole, cunicole et oléagineuse. L’ambition est de consolider la production locale et de réduire progressivement certaines vulnérabilités liées à l’approvisionnement alimentaire.
Le troisième axe concerne la santé et la justice, avec la mise en place annoncée de PRIAM, une plateforme nationale d’expertise ADN. Le projet doit permettre au Bénin de développer sur son territoire des capacités d’analyse génétique destinées notamment aux besoins de la justice et de l’identification. L’enjeu dépasse donc la création d’un simple laboratoire : il s’agit aussi de renforcer l’expertise nationale et de former des professionnels capables d’assurer durablement ces missions.
À travers ces différents projets, la logique affichée est celle d’investissements dont les effets doivent se prolonger au-delà des infrastructures elles-mêmes : accès aux services essentiels, développement des filières agricoles, renforcement des capacités scientifiques et amélioration de l’expertise nationale.
Les annonces de Paris donnent ainsi une traduction concrète à plusieurs priorités du développement béninois. Mais leur portée réelle se mesurera surtout dans leur mise en œuvre : nombre de branchements effectivement réalisés, localités raccordées, producteurs accompagnés, capacités de laboratoire opérationnelles et professionnels effectivement formés.
Au-delà des montants annoncés, c’est donc sur le terrain que ces nouveaux engagements devront désormais faire leurs preuves.
Stephane AHINOUHOSSOU
