- La course au perchoir, premier test de cohésion de la mouvance présidentielle
- Abdoulaye Bio Tchané, le profil de consensus et de la cohésion
Les députés élus à l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026 entreront officiellement en fonction le dimanche 8 février 2026, conformément aux dispositions du Code électoral révisé qui fixe la prise de fonction au deuxième dimanche de février de l’année électorale. Cette étape institutionnelle marque le démarrage effectif de la 10ᵉ législature, dans un contexte politique dominé par la mouvance présidentielle, désormais seule force représentée au Parlement. Si la date du 8 février consacre juridiquement l’installation des nouveaux élus, elle ouvre surtout une séquence politique décisive : celle de l’élection du président de l’Assemblée nationale. Un scrutin interne qui, au-delà de sa portée protocolaire, constitue un véritable révélateur de la cohésion, de la discipline et de la capacité de consensus au sein de la majorité présidentielle.
Sur le papier, le rapport de forces semble clair. Le parti Union Progressiste le Renouveau (UP-R) dispose de 60 députés, contre 48 pour le Bloc Républicain (BR). Cette avance numérique confère logiquement à l’UP-R une position dominante dans la course au perchoir. Pourtant, la réalité politique apparaît plus nuancée, laissant entrevoir un possible rééquilibrage stratégique.
Dans cette configuration, le nom d’Abdoulaye Bio Tchané, premier responsable du Bloc Républicain, s’impose progressivement comme un profil de consensus. Son éventuelle accession au perchoir présenterait plusieurs avantages politiques majeurs. D’abord, elle s’inscrirait dans une logique d’alternance interne au sein de la même famille politique. Le président sortant, Louis Vlavonou, issu de l’UP-R, a déjà exercé deux mandats consécutifs à la tête de l’institution parlementaire. Laisser cette fois le perchoir au BR, malgré la majorité numérique de l’UP-R, constituerait un signal fort de cohésion et de maturité politique.
Ensuite, selon toute vraisemblance, Joseph Djogbénou, président de l’UP-R et élu député, pourrait ne pas briguer la présidence de l’Assemblée nationale. Ancien président de la Cour constitutionnelle, son profil le prédispose davantage à une présence au Sénat, dont la mise en place reste attendue.
Par ailleurs, la perspective de la présidentielle de 2026 introduit un autre paramètre déterminant. Le candidat pressenti de la majorité, Romuald Wadagni, est originaire du Sud du pays. Dans une logique d’équilibre régional, la désignation d’un président de l’Assemblée nationale issu du Nord renforcerait la cohérence territoriale de l’architecture institutionnelle.
Enfin, après deux mandats à la tête du Parlement, Louis Vlavonou pourrait légitimement passer la main, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle figure capable de fédérer.
Au regard de ces éléments, Abdoulaye Bio Tchané apparaît comme un choix stratégique et consensuel pour le perchoir. Toutefois, la décision finale reste à la discrétion des partis et des députés élus, qui, une fois installés le 8 février 2026, dévoileront leur véritable carte politique. D’ici là, l’observation demeure de mise.
Stéphane AHINOUHOSSOU