Conseil des ministres : Les critères d’accès aux logements sociaux assouplis pour toucher davantage de ménages

Le gouvernement béninois élargit les conditions d’accès aux logements sociaux et économiques. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 7 octobre 2026, de nouvelles modalités ont été approuvées pour ouvrir le programme à davantage de catégories socioprofessionnelles, y compris aux personnes déjà propriétaires d’un bien immobilier. Ces ajustements visent à répondre aux difficultés rencontrées dans la commercialisation des logements disponibles et à élargir le nombre de bénéficiaires potentiels. Le gouvernement béninois revoit les règles d’accès aux logements sociaux. Cette décision intervient après un premier assouplissement adopté en Conseil des ministres le 17 décembre 2025. Malgré cette évolution, les autorités ont relevé des difficultés dans la commercialisation des logements, liées notamment à la restriction du public éligible et à l’obligation d’être primo-accédant.

Selon le compte rendu officiel du Conseil des ministres du 7 octobre 2026, l’objectif est de rendre l’offre plus accessible et de revoir les modalités d’attribution et de cession. Les logements sociaux ne seront donc plus réservés à un cercle aussi limité de demandeurs. Désormais, tous les fonctionnaires et agents publics pourront y accéder, quel que soit leur niveau de revenu. Le gouvernement étend également la cible sociale aux ménages du secteur privé, notamment les commerçants, les artisans, les salariés et les personnes exerçant une profession libérale.


Cette évolution élargit le champ des bénéficiaires potentiels à des catégories professionnelles qui ne relevaient pas nécessairement du dispositif initial. Elle vise à mieux adapter l’offre de logements aux réalités socioéconomiques des ménages.

La fin de l’exclusivité réservée aux primo-accédants

L’un des changements majeurs concerne la suppression de la condition interdisant l’accès aux personnes possédant déjà un bien bâti au Bénin. Les secundo-accédants pourront désormais prétendre à un logement social, sous réserve de satisfaire aux autres conditions applicables.
En clair, le fait d’être déjà propriétaire d’une maison ou d’un autre bien immobilier bâti sur le territoire national ne constitue plus, à lui seul, un obstacle à l’acquisition d’un logement social. Cette modification rompt avec le principe qui réservait ces logements aux personnes ne disposant d’aucun bien bâti.
Le Conseil des ministres a également autorisé l’achat au comptant de plusieurs logements en bloc au profit de cibles sociales spécifiques. Les sponsors et les grandes entreprises institutionnelles figurent parmi les catégories citées dans le compte rendu.
Ces mesures modifient ainsi les conditions d’accès, mais aussi certains mécanismes de commercialisation du programme.

Les logements économiques également concernés

Les ajustements ne se limitent pas aux logements sociaux. Le gouvernement a prévu de nouvelles possibilités pour les logements économiques. La location simple sera désormais ouverte pour ces logements, sous réserve des disponibilités. Les entreprises pourront également acquérir des lots de logements au profit de leurs agents. L’achat au comptant de plusieurs unités par des structures spécifiques est aussi autorisé lorsqu’il vise à loger leurs salariés.


Par ailleurs, la mise en location simple des appartements est désormais permise. Cette option diversifie les possibilités d’accès au logement pour les ménages qui ne souhaitent pas, ou ne peuvent pas immédiatement, s’engager dans une acquisition.


Une application limitée aux logements disponibles


Ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans le cadre du Programme des 20 000 logements, lancé pour favoriser l’accès à un habitat décent. Elles concernent, dans un premier temps, les logements déjà disponibles et prêts à être habités. Le gouvernement précise que les modalités pourront être modifiées ou étendues, si nécessaire, à d’autres phases du programme. Leur portée dépendra donc notamment des stocks disponibles et des conditions qui seront appliquées lors de la commercialisation.


L’élargissement des critères constitue une réponse aux difficultés observées dans la mise en vente des logements. Il reste toutefois à mesurer son effet concret sur le nombre d’acquéreurs et de locataires, ainsi que sur la capacité des ménages concernés à supporter les coûts d’accès.
En ouvrant le dispositif à de nouveaux profils et en diversifiant les modes d’acquisition ou de location, l’exécutif entend donner une nouvelle impulsion à la commercialisation des logements sociaux et économiques au Bénin.

Saturnin Comlan HOUNKPE

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