Lancée pour résorber le déficit d’enregistrement des naissances, l’opération gratuite de délivrance des actes de naissance affiche déjà un premier bilan de 32 000 enfants bénéficiaires. Une avancée qui remet au premier plan la question de l’identité légale, indispensable à l’accès de l’enfant à plusieurs droits et services essentiels.
Au Bénin, la course contre le défaut d’état civil se poursuit. L’opération de délivrance gratuite des actes de naissance destinée aux enfants non encore enregistrés a déjà permis à 32 000 d’entre eux d’obtenir ce document, selon les données rapportées le 29 septembre 2026 par Africa Media Journal. Derrière ce chiffre se dessine un enjeu qui dépasse largement la simple délivrance d’un document administratif : celui de garantir à chaque enfant une existence juridiquement reconnue.
L’acte de naissance constitue en effet la première pièce de l’état civil. Il permet d’établir officiellement l’identité et la filiation de l’enfant et facilite ensuite l’accès à différents documents administratifs. Dans le dispositif béninois d’identification, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) assure notamment la délivrance et la gestion des actes d’état civil, aux côtés d’autres documents d’identification.
L’enjeu est d’autant plus important que l’absence d’acte de naissance peut créer, au fil des années, des difficultés pour l’accès à certains services et pour l’établissement d’autres documents officiels. La régularisation de l’état civil apparaît ainsi comme un préalable à une identification plus complète des personnes et à leur inscription effective dans les différents dispositifs administratifs et sociaux.
Le bilan de 32 000 bénéficiaires traduit donc une progression de l’opération, mais il renseigne également sur l’ampleur du travail restant à accomplir. L’ANIP rappelle que la modernisation de l’état civil constitue l’une de ses missions centrales, notamment à travers la dématérialisation des procédures et la sécurisation des données relatives à l’identité des personnes.
Cette politique s’inscrit dans une démarche plus large engagée depuis plusieurs années. Le Recensement administratif à vocation d’identification de la population avait notamment permis d’identifier un nombre important de personnes dépourvues d’acte de naissance. L’ANIP indique que cette opération avait recensé plus de 10 millions de personnes et fait apparaître environ 2,5 millions de personnes sans acte de naissance, qui avaient alors bénéficié de témoignages des élus locaux.
La gratuité constitue, dans ce contexte, un levier destiné à réduire les obstacles financiers susceptibles de5t retarder la régularisation de la situation des enfants concernés. Elle donne également à l’opération une dimension sociale : faire de l’état civil non plus une formalité éloignée des préoccupations quotidiennes, mais un instrument d’inclusion et de protection.
Avec 32 000 actes déjà délivrés, l’opération franchit ainsi un premier seuil significatif. Mais son véritable bilan se mesurera à sa capacité à atteindre les enfants encore dépourvus d’existence légale et à inscrire durablement leur identité dans les registres de l’état civil. Car derrière chaque acte délivré, c’est une identité qui se consolide et un enfant qui gagne davantage de visibilité dans l’espace administratif de la République.