Lutte contre la corruption : Le HCPC scelle un partenariat avec la FeRCAB

  •  (Jacques Acheffon MIGAN mise sur la force de frappe des radios communautaires)

Le combat contre la corruption change de terrain. Il descend des bureaux administratifs, franchit les portes des institutions et prend désormais le chemin des villages, des quartiers et des communautés. À Cotonou, le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC) et la Fédération des Radios Communautaires et Assimilées du Bénin (FeRCAB) ont scellé un partenariat destiné à faire de la radio de proximité un levier majeur de sensibilisation et de prévention de la corruption.

La convention signée entre les deux parties ouvre un nouveau chapitre dans la stratégie de prévention de la corruption au Bénin. Derrière l’apparente sobriété d’un protocole d’accord se dessine une ambition plus vaste : porter le message anticorruption au plus près des populations, jusque dans les espaces où la radio demeure parfois le média le plus accessible, le plus familier et le plus écouté.

Pour le HCPC, l’enjeu est moins de multiplier les discours institutionnels que de rendre la prévention intelligible et concrète. La corruption, lorsqu’elle s’installe dans les pratiques quotidiennes, prospère aussi dans le silence, la méconnaissance des droits et l’absence d’information sur les mécanismes de dénonciation. C’est précisément sur ce terrain que les radios communautaires sont appelées à jouer leur partition.

La FeRCAB constitue, à cet égard, un relais de poids. Elle regroupe 56 radios implantées dans 11 des 12 départements du pays et dispose d’une capacité de diffusion dans 54 langues et dialectes nationaux. Une implantation qui donne au partenariat une dimension résolument populaire.

L’accord prévoit notamment la mise en œuvre de campagnes radiophoniques multilingues, la production d’émissions en langues nationales, la conception de contenus adaptés aux jeunes ainsi que la vulgarisation des mécanismes permettant de signaler les actes de corruption. Des actions de mobilisation communautaire sont également envisagées.

Le choix de la radio n’est donc pas fortuit. Dans les territoires où l’information institutionnelle peut sembler distante, la voix d’un animateur connu, parlant la langue du terroir et évoquant des réalités familières, peut avoir une portée autrement plus immédiate. Le pari du HCPC et de la FeRCAB est ainsi de transformer la prévention en un langage quotidien, compréhensible par tous.

Le partenariat ne se limite toutefois pas à la diffusion de messages. Il prévoit également le renforcement des capacités des journalistes et animateurs des radios partenaires. L’objectif est de leur permettre de mieux traiter les questions liées à la corruption, à la prévention, à la citoyenneté et aux mécanismes de signalement.

Cette dimension est essentielle. Car informer sur la corruption exige de la rigueur, de la responsabilité et une parfaite maîtrise des enjeux. La radio ne devra pas seulement être un canal de transmission des messages du HCPC ; elle est appelée à devenir un espace de dialogue, d’éducation et de responsabilisation citoyenne.

Pour assurer la mise en œuvre et le suivi de l’accord, un comité technique conjoint est prévu. Le partenariat est conclu pour une durée de trois ans.

Au-delà des signatures et des engagements institutionnels, c’est donc une bataille de fond qui s’engage : celle des mentalités. En faisant le choix de la proximité, le HCPC entend inscrire la prévention de la corruption dans la vie ordinaire des citoyens. Et en mettant son réseau au service de cette cause, la FeRCAB offre à ce combat une caisse de résonance nationale.

Car contre la corruption, les textes ne suffisent pas toujours. Il faut aussi une conscience éveillée, une information accessible et une parole qui circule. Désormais, cette parole veut se faire entendre jusque dans les dernières maisons où la radio reste encore, chaque matin et chaque soir, une fenêtre ouverte sur la cité.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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