Délivrance d’attestations de nationalité béninoise aux Afro-descendants : Le  Bénin accueille dix nouveaux fils de la terre

Samedi 29 août 2026, dans les locaux du Complexe judiciaire de Cotonou, dix Afro-descendants ont officiellement reçu leurs attestations de nationalité béninoise. Une cérémonie sobre par sa forme, mais chargée d’une forte portée historique et émotionnelle, tant elle renvoie à cette mémoire ancienne qui relie le Bénin à une importante partie de la diaspora africaine.

En présence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon DETCHENOU, et du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Franck Armel AFOUKOU, ces dix bénéficiaires ont ainsi franchi une étape importante dans leur démarche de reconnexion avec la terre de leurs ancêtres. Au-delà du document administratif remis, c’est un lien longtemps distendu que cette cérémonie vient symboliquement renouer. Pour ces Afro-descendants, le Bénin n’est plus seulement une terre lointaine évoquée dans les récits familiaux et la mémoire des générations. Il devient désormais, sur le plan juridique, une terre à laquelle ils peuvent officiellement rattacher leur histoire et leur identité.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement5y entre le Bénin et les Afro-descendants. Elle donne une traduction concrète à une volonté de transformer la mémoire historique en un lien vivant, fondé sur la reconnaissance, l’appartenance et la transmission. La présence conjointe des responsables de la Justice et des Affaires étrangères donne également à l’événement une dimension particulière. Elle traduit le caractère à la fois juridique, diplomatique, historique et humain de cette politique d’ouverture vers la diaspora africaine.

Dans un pays qui porte une part importante de l’histoire de la traite négrière et des relations entre l’Afrique et sa diaspora, ces retrouvailles prennent une résonance singulière. La nationalité devient ici bien plus qu’un statut administratif : elle devient un pont entre une histoire douloureuse, une mémoire assumée et un avenir à reconstruire. À Cotonou, ce samedi 29 août, dix Afro-descendants ont donc reçu bien plus qu’une attestation. Ils ont reçu, en quelque sorte, une clé pour  rouvrir la porte d’une histoire familiale dont les racines plongent dans cette terre béninoise que leurs ascendants avaient quittée, souvent dans les circonstances les plus tragiques de l’histoire africaine. Le geste est administratif. Sa portée, elle, est profondément humaine.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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