Budget Bénin 2027 : 4 757 milliards FCFA pour financer les ambitions économiques et sociales

Le gouvernement béninois projette un budget de 4 757,029 milliards de FCFA pour l’exercice 2027, en hausse de 14,7 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2026. Adopté en Conseil des ministres le 7 octobre 2026, le projet de loi de finances a été transmis à l’Assemblée nationale pour examen et vote. Il repose sur cinq priorités : modernisation agricole, promotion industrielle, développement touristique et culturel, innovation technologique et renforcement du capital humain. L’exécutif entend soutenir la croissance tout en augmentant les moyens consacrés aux politiques sociales.

Le Bénin prépare l’exercice budgétaire 2027 avec des ambitions économiques et sociales renforcées. Le projet de loi de finances, adopté par le Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Romuald Wadagni, s’équilibre en ressources et en charges à 4 757,029 milliards de FCFA. En comparaison, la loi de finances rectificative de 2026 s’établit à 4 148,357 milliards de FCFA.La différence atteint 608,672 milliards de FCFA, soit une progression de 14,7 %. Cette augmentation doit permettre de soutenir les investissements publics, d’accélérer la transformation structurelle de l’économie et de poursuivre les actions engagées contre l’extrême pauvreté.

Les projections macroéconomiques du gouvernement tablent sur une croissance de 7,5 %, un déficit budgétaire global de 2,8 % du produit intérieur brut (PIB) et une inflation de 2 %. Le maintien de ces équilibres constitue un enjeu important pour préserver la stabilité économique tout en finançant les priorités nationales.

Cinq leviers pour transformer l’économie

  • La première priorité concerne la modernisation de l’agriculture. L’objectif est de renforcer la productivité, de soutenir les filières agricoles et d’améliorer la contribution du secteur à la création de richesse et d’emplois.
  • Le deuxième axe porte sur la promotion industrielle, avec l’ambition d’accroître la transformation locale des matières premières et de développer des activités génératrices de valeur ajoutée.
  • Le troisième vise la valorisation du potentiel touristique et culturel du pays, considéré comme un levier de diversification économique.
  • Le quatrième levier concerne l’innovation technologique et la transformation numérique, appelées à améliorer la compétitivité des entreprises et l’efficacité des services.
  • Enfin, le renforcement du capital humain doit permettre de développer les compétences, d’améliorer l’accès à l’éducation et à la santé, et de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.

Ces cinq orientations doivent guider les arbitrages budgétaires et les investissements publics de l’année 2027.

Le social bénéficie d’une enveloppe accrue

Les dépenses à sensibilité sociale constituent un volet majeur du projet. Elles sont évaluées à 1 597,533 milliards de FCFA, contre 1 285,37 milliards en 2026, soit une augmentation d’environ 24,3 %. Parmi les mesures annoncées figurent la poursuite et l’extension du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), le développement des cantines scolaires et la gratuité des frais de scolarité des filles dans l’enseignement secondaire général et technique. Le gouvernement prévoit également de consolider le programme GBESSOKE, notamment au moyen de transferts monétaires aux ménages en situation d’extrême pauvreté.

Dans le domaine sanitaire, le projet prévoit la construction de cinq hôpitaux de zone, ainsi que la réhabilitation et l’équipement d’hôpitaux départementaux et de centres hospitalo-universitaires. La vaccination, la lutte contre le paludisme et l’amélioration de la santé maternelle figurent également parmi les interventions programmées.

Éducation et développement territorial en ligne de mire

Au-delà des programmes sociaux, l’éducation demeure un axe important de l’investissement public. Le projet prévoit la poursuite de la réhabilitation des lycées, l’amélioration des infrastructures universitaires, le déploiement du télé-enseignement et l’équipement des établissements scolaires. Le recrutement progressif d’aspirants au métier d’enseignant figure également parmi les mesures annoncées.

Le financement du développement local doit, lui aussi, évoluer. L’opérationnalisation du Fonds d’investissement communal (FIC) et le mécanisme de découpage économique du territoire sont présentés comme des outils destinés à renforcer les capacités financières des communes et à faciliter la réalisation de projets structurants.

Cette orientation rejoint la nouvelle approche gouvernementale fondée sur six pôles de développement territorial. Elle vise à mieux exploiter les atouts économiques des différentes régions, notamment dans l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation, tout en favorisant une répartition plus équilibrée des investissements.

Le Parlement appelé à se prononcer

Transmis à l’Assemblée nationale après son adoption en Conseil des ministres, le projet de loi de finances doit désormais être examiné par les députés. Les débats porteront sur les prévisions de recettes, les dépenses programmées et les priorités retenues pour l’exercice 2027.

Avec cette enveloppe en hausse, l’exécutif entend soutenir la croissance sans perdre de vue les équilibres budgétaires et les besoins sociaux. Le défi sera de transformer les crédits prévus en réalisations concrètes, mesurables et accessibles aux populations.

La portée du budget dépendra ainsi de la mobilisation des ressources, de la qualité de l’exécution des dépenses et de la capacité des investissements à créer des emplois, améliorer les services publics et réduire durablement la pauvreté. Le vote parlementaire constituera une étape décisive avant la mise en œuvre du programme financier de l’État pour 2027.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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