APRÈS DES ANNÉES D’ATTENTE : LA VOIE DE L’INTÉGRATION DANS LA FONCTION PUBLIQUE S’OUVRE ENFIN AUX AME

Après plusieurs années d’attente et de revendications, les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) entrevoient une nouvelle perspective professionnelle. Reçus le 11 septembre au Palais de la Marina par le président Romuald Wadagni, leurs représentants et les centrales syndicales ont obtenu des précisions sur le démarrage prochain du processus d’intégration dans la fonction publique. Une évolution qui pourrait profondément changer le statut et les conditions de carrière de milliers d’enseignants.

C’est une annonce qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire récente des enseignants pré-insérés au Bénin. Réunis vendredi 11 septembre au Palais de la Marina autour du président Romuald Wadagni, les représentants des Aspirants au Métier d’Enseignant et les principales centrales syndicales ont obtenu des clarifications sur les modalités devant encadrer leur intégration progressive dans la fonction publique.

Après plusieurs années de contrats successifs, l’hypothèse d’un nouveau test d’évaluation semble désormais écartée au profit d’un recrutement progressif sur titre. Le dispositif annoncé repose notamment sur l’ancienneté acquise à travers trois contrats successifs en qualité d’AME. L’intégration doit ensuite s’effectuer par promotion et par vagues, avec une attention particulière accordée à la promotion de 2019, qui représente à elle seule plus de la moitié de l’effectif global des AME.

Le mécanisme annoncé ne signifie donc pas une titularisation générale et immédiate de tous les enseignants concernés. Il s’agit plutôt de l’ouverture d’un processus progressif, soumis à des critères et à un calendrier qui devront permettre de traiter les différentes promotions successivement. L’âge constitue également un élément du dispositif, conformément aux règles applicables à la Fonction publique, tandis que l’intégration est envisagée sous le statut d’Agent contractuel de droit public des collectivités territoriales décentralisées.

Cette orientation apporte une réponse à l’une des principales préoccupations des AME : sortir progressivement d’un système reposant sur la succession de contrats pour accéder à une situation professionnelle plus stable et mieux encadrée. La perspective d’une affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale, évoquée dans les modalités communiquées à l’issue des échanges, doit également renforcer la sécurisation du parcours professionnel et social des intéressés. Au-delà du statut, l’enjeu est aussi celui de la reconnaissance de l’expérience accumulée sur le terrain. Pendant plusieurs années, ces enseignants ont assuré des heures de cours dans les établissements publics, participant directement au fonctionnement du système éducatif.

La prise en compte de l’ancienneté et des contrats successifs constitue ainsi un élément central du compromis annoncé. La rencontre de la Marina intervient à quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027 et donne une dimension particulière à cette avancée. Pour les organisations syndicales, elle traduit surtout une volonté politique de faire progresser un dossier qui empoisonne depuis longtemps le dialogue social dans le secteur éducatif. Le secrétaire général de la CSA-Bénin, Anselme Amoussou, a notamment salué la volonté politique affichée au terme de la rencontre.

Pour les AME, le soulagement est donc palpable. Mais le véritable test commencera avec la mise en œuvre effective du mécanisme annoncé : définition précise des vagues, vérification des critères, traitement des différentes promotions et concrétisation administrative des recrutements. Entre l’annonce politique et l’intégration effective, le chemin reste donc à parcourir. Une chose est toutefois acquise : le dossier des AME vient de franchir une étape majeure, avec l’ouverture officielle de la voie vers une nouvelle architecture de leur carrière.

flamboyant
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