À Cotonou, le Groupe technique Décentralisation, Déconcentration et Aménagement du Territoire a réuni Gouvernement, préfets, partenaires techniques et financiers et société civile autour d’un même enjeu : donner davantage d’efficacité à l’action publique dans les territoires. À travers sa feuille de route 2026-2028, le ministère de la Décentralisation entend désormais mesurer la gouvernance locale à l’aune de la performance, des données et des résultats.

La décentralisation béninoise veut changer d’échelle. Jeudi 24 septembre 2026 à Cotonou, la première session de l’année du Groupe technique Décentralisation, Déconcentration et Aménagement du Territoire (GT2DAT) a placé la gouvernance des territoires au centre des échanges. Présidée par le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, la rencontre a rassemblé les préfets, les partenaires techniques et financiers, les cadres du ministère et des organismes sous tutelle ainsi que des représentants de la société civile.
Au-delà des échanges institutionnels, le rendez-vous porte une ambition clairement affichée : faire des 77 communes des collectivités capables de produire davantage de résultats pour leurs populations. Le ministre a ainsi présenté les trois grandes orientations de la feuille de route 2026-2028 de son département. Il s’agit de renforcer la performance des collectivités, d’accroître la participation citoyenne et la redevabilité, puis de bâtir un système national de gouvernance locale davantage fondé sur la performance, les données et les résultats.
Cette nouvelle orientation s’accompagne d’une série d’outils destinés à rapprocher davantage la gestion communale des réalités du terrain. Parmi les dispositifs annoncés figurent l’Observatoire numérique des Communes, la Banque intégrée de projets locaux et la plateforme eCommunes, appelée à accompagner la transformation numérique des services communaux. Le Gouvernement prévoit également un mécanisme de suivi et de gestion des plaintes des citoyens, la promotion de l’intercommunalité ainsi qu’un programme spécial consacré à la mobilisation des ressources propres des communes.
L’enjeu est donc double : mieux gérer les collectivités et mieux répondre aux attentes de leurs administrés. La place accordée au suivi des plaintes traduit notamment une volonté de renforcer le lien entre l’administration locale et le citoyen. Dans le même registre, le Grand Prix de l’Excellence Locale et Citoyenne et le Challenge « Commune Verte et Propre » doivent contribuer à stimuler les initiatives locales autour de la performance et de l’amélioration du cadre de vie. Mais la performance communale ne saurait se résumer aux seuls outils numériques ou aux mécanismes de distinction. Elle renvoie également à la capacité des collectivités à disposer de ressources et à les utiliser efficacement. C’est pourquoi les travaux du GT2DAT ont notamment porté sur les financements transférés aux communes, l’audit de ces transferts, les revues sectorielles, les orientations relatives à la régionalisation ainsi que l’évaluation de la gouvernance locale.
La mobilisation des partenaires techniques et financiers constitue, dans cette perspective, un autre volet important. Leur cheffe de file, Gabriella Spirli, a salué les réformes engagées et la dynamique de régionalisation du développement, tout en réaffirmant la disponibilité des partenaires à accompagner les priorités définies par le Gouvernement.
À terme, la feuille de route entend ainsi faire évoluer la décentralisation d’une logique de fonctionnement administratif vers une culture davantage orientée vers les résultats. Le Salon des Maires et la Conférence nationale des Collectivités territoriales figurent également parmi les initiatives annoncées pour nourrir le dialogue et renforcer la coordination autour des enjeux territoriaux.Reste désormais l’épreuve du terrain. Car derrière les plateformes, les observatoires, les mécanismes de suivi et les ambitions affichées, la véritable mesure de la réforme se jouera dans les communes : qualité des services, mobilisation des ressources, participation des citoyens, transparence de la gestion et capacité à faire émerger des projets répondant aux besoins locaux. Pour les 77 collectivités béninoises, le nouveau cap fixé par le Gouvernement place ainsi la performance au cœur du prochain chapitre de la décentralisation.
