À Abomey, la HAAC ouvre trois jours de formation consacrés au droit des contenus numériques. Journalistes et professionnels des médias sont appelés à mieux maîtriser les règles qui encadrent la publication sur les médias en ligne et les réseaux sociaux.Le clic ne suspend pas la loi. La publication numérique ne dissout pas davantage la responsabilité journalistique. C’est autour de cette réalité que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a ouvert, ce lundi 5 octobre 2026 à Abomey, un séminaire de formation de trois jours consacré au cadre juridique applicable aux contenus diffusés dans les médias en ligne et sur les réseaux sociaux.

Organisée au profit des journalistes et professionnels des médias en règle vis-à-vis de l’instance de régulation, la rencontre entend remettre le droit au cœur des pratiques journalistiques à l’heure où les réseaux sociaux ont profondément bouleversé les modes de production, de diffusion et de consommation de l’information. « Le numérique ne crée pas un espace de non-droit », a rappelé le magistrat Gilbert Togbonon, soulignant ainsi l’un des principes qui structurent cette formation.
Derrière la rapidité de publication, l’instantanéité du partage et la viralité des contenus subsistent des obligations juridiques et professionnelles auxquelles les acteurs de l’information ne peuvent se soustraire. Au-delà du principe, la HAAC veut surtout privilégier la pédagogie. Dans son intervention, le vice-président de l’institution, Me Mohamed Barè, a précisé que la démarche ne vise pas d’abord la répression, mais l’accompagnement, la formation et la sensibilisation des professionnels des médias. Le rappel intervient dans un environnement où la frontière entre journalisme professionnel, expression individuelle et production de contenus sur les réseaux sociaux devient de plus en plus poreuse.
Pour les journalistes, cette mutation impose une connaissance plus fine des textes qui encadrent la liberté d’informer, mais aussi des responsabilités qui en découlent. Pendant trois jours, les participants revisiteront ainsi les principales règles du droit de l’information appliquées à l’écosystème numérique. Les échanges porteront notamment sur le cadre juridique des médias en ligne, les responsabilités des différents acteurs du numérique, le droit d’auteur, la protection des données personnelles et la protection juridique des contenus. L’éthique professionnelle et les bonnes pratiques numériques occuperont également une place importante dans les travaux.
Des praticiens du droit, des experts des médias et des spécialistes de la cybersécurité sont appelés à apporter leur éclairage afin de permettre aux professionnels de mieux identifier les risques liés à la publication et au partage de contenus en ligne. Pour la HAAC, l’enjeu est désormais de faire évoluer les pratiques à la hauteur des mutations de l’écosystème médiatique. Car si les réseaux sociaux ont démultiplié la capacité de chacun à produire et diffuser de l’information, ils n’ont pas pour autant effacé les exigences de vérification, d’éthique et de responsabilité.
À travers cette formation, l’instance de régulation entend donc miser davantage sur la connaissance des règles que sur leur seule sanction. Une manière de rappeler aux professionnels des médias que, dans l’espace numérique comme ailleurs, la liberté d’informer va de pair avec la responsabilité de publier.
Roger AVOCEVOU
