- (Six pôles pour rapprocher le développement des populations, le Consul honoraire du Bénin à Libreville voit dans la réforme une nouvelle étape pour sortir les communes et les villages de la précarité)
Le développement du Bénin pourrait désormais se jouer moins dans la concentration des activités autour des grands centres urbains que dans la capacité de chaque territoire à valoriser ses propres potentialités. C’est en tout cas l’ambition affichée par le Président Romuald Wadagni avec la réforme des pôles territoriaux, présentée le 23 septembre 2026 au Palais de la Marina. Une réforme que le Dr Yessoufou Maroya, Consul honoraire du Bénin au Gabon, accueille avec enthousiasme. Depuis Libreville, il considère cette nouvelle architecture territoriale comme une orientation particulièrement importante pour l’avenir économique et social du pays.« C’est une idée géniale. Depuis 60 ans, tout est concentré autour de Cotonou et du Sud. Le Président Wadagni a eu le courage de dire : chaque territoire doit devenir un écosystème économique fondé sur ses atouts agricoles, touristiques, industriels ou technologiques. Avec les six pôles, c’est enfin le Bénin qui se regarde en face », estime le Dr Yessoufou Maroya.Une réforme qui veut changer l’échelle du développement

Le 23 septembre, le Palais de la Marina a réuni les maires des 77 communes, les préfets, les membres du Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale ainsi que les membres du Conseil économique et social autour du Chef de l’État.
La réforme présentée à cette occasion constitue, selon la Présidence de la République, un concept central du programme gouvernemental des sept prochaines années. Elle vise notamment à renforcer l’efficacité de l’action publique et à accélérer le développement au plus près des populations.
Le dispositif repose sur six pôles
territoriaux, chacun devant être placé sous la responsabilité d’un Délégué général. Ces responsables auront notamment pour mission d’assurer la coordination, le suivi des actions et la remontée des difficultés rencontrées sur le terrain.
L’objectif n’est pas de supprimer les communes ou les départements. Il s’agit plutôt de faire travailler ensemble des territoires présentant des complémentarités économiques et de leur permettre de construire des projets à une échelle plus large.
« Chaque territoire doit devenir un écosystème économique »
C’est précisément cette logique qui retient l’attention du Dr Maroya.
Pour le Consul honoraire du Bénin au Gabon, le véritable intérêt de la réforme réside dans la volonté de ne plus appliquer mécaniquement la même logique de développement à tous les territoires.
Un territoire agricole ne dispose pas des mêmes leviers qu’une zone industrielle ou qu’un espace à fort potentiel touristique. La réforme entend donc davantage prendre en compte les spécificités locales.
Agriculture, élevage, industrie, tourisme, logistique, innovation ou encore transformation des matières premières : chaque pôle devra identifier ses avantages et construire autour d’eux des chaînes de valeur capables de générer des emplois et des revenus.
C’est cette territorialisation de l’économie que le Dr Maroya considère comme l’un des éléments les plus importants de la réforme.
Six pôles, une même ambition : créer de la richesse à la base
Le nouveau dispositif couvre l’ensemble des 77 communes du Bénin à travers six grands ensembles territoriaux.
- Le Grand-Nokoué associera notamment Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Kpodji et Ouidah.
- Le Sud-Est réunira douze communes des départements du Plateau et de l’Ouémé.
- Le Sud-Ouest, qui regroupe dix-huit communes, constituera le plus vaste des six pôles.
- Le Centre en rassemblera quinze, tandis que le Nord-Est en comptera quatorze et le Nord-Ouest, treize.
Cette nouvelle carte n’est pas un nouveau découpage administratif. - Les communes et les départements conservent leurs prérogatives. Les pôles sont avant tout conçus comme des espaces de coordination économique et de développement.
Sortir les villages de la précarité : le pari social
Derrière les chiffres, les cartes et les nouvelles fonctions administratives, l’enjeu est aussi profondément social.
La réforme fixe notamment trois grandes priorités : la lutte contre l’extrême pauvreté, le développement du capital humain et la création de richesses à la base. Les futurs Délégués généraux devront être évalués sur des critères de performance liés notamment à ces objectifs.
Pour le Dr Yessoufou Maroya, cette orientation peut avoir des conséquences importantes pour les populations rurales si elle parvient à transformer les potentialités locales en activités économiques concrètes.
L’ambition est alors de faire en sorte qu’un jeune n’ait plus nécessairement besoin de quitter son village ou sa commune pour trouver une opportunité économique.
Produire localement, transformer localement, créer des emplois localement et attirer des investissements dans les territoires : c’est toute la logique du changement d’échelle voulu par la réforme.
Un Délégué général au plus près du terrain
Autre innovation majeure : chacun des six pôles sera placé sous la responsabilité d’un Délégué général appelé à résider dans sa zone d’intervention.
Son rôle ne sera pas de remplacer le maire ou le préfet. La hiérarchie administrative demeure inchangée. Le Délégué général doit plutôt assurer la coordination des acteurs et permettre au pouvoir central d’avoir une lecture plus directe de la réalité des territoires.
Cette proximité constitue un élément essentiel du dispositif.
Il ne s’agira plus seulement de produire des rapports depuis les administrations centrales. Les responsables devront aller sur le terrain, constater les difficultés, suivre l’avancement des projets et rendre compte des résultats.
Une approche qui rejoint la philosophie défendue par le Dr Maroya : le développement doit pouvoir être mesuré dans la vie quotidienne des populations.
De l’idée aux résultats : le véritable défi
L’enthousiasme suscité par la réforme ne dispense cependant pas d’une exigence essentielle : celle des résultats.
Les prochains mois seront déterminants. Les Délégués généraux doivent être nommés au quatrième trimestre 2026 et le Comité national de pilotage doit être installé dans la même période. Les filières prioritaires doivent ensuite être identifiées en 2027, avant le lancement des premiers projets.
Le véritable test sera donc celui de l’exécution.
Il faudra mobiliser des financements, faire émerger des projets bancables, renforcer les compétences locales, attirer des investisseurs et surtout éviter que la réforme ne demeure une architecture institutionnelle supplémentaire.
C’est là que se trouve le défi du nouveau modèle.
Le regard de Libreville sur le nouveau Bénin territorial
Depuis le Gabon, où il exerce ses fonctions de Consul honoraire du Bénin à Libreville, le Dr Yessoufou Maroya porte donc un regard particulièrement favorable sur cette orientation.
Sa fonction consulaire est officiellement attestée par des sources gabonaises et par des communications relatives au Consulat honoraire du Bénin à Libreville.
Son appréciation reste naturellement une lecture personnelle de la réforme. Mais elle traduit une attente plus large : celle de voir les politiques publiques produire des effets mesurables dans les territoires.
Pour lui, la réussite du projet se mesurera moins au nombre de réunions organisées qu’à la transformation concrète des communes et des villages.
« Sortir nos communes et nos villages de la précarité » : derrière cette ambition se trouve finalement la question centrale posée par la réforme.
Le temps des résultats
Avec les pôles territoriaux, le gouvernement veut désormais faire du territoire un véritable espace de production, d’investissement et de création de richesses.
Le Président Romuald Wadagni a posé l’architecture. Les six pôles sont dessinés. Les futurs Délégués généraux auront la responsabilité de faire vivre le dispositif sur le terrain.
Pour le Dr Yessoufou Maroya, cette réforme constitue une rupture dans la manière de penser le développement du pays.
Reste désormais à transformer le potentiel en résultats.
Car si l’ambition affichée est de faire de chaque territoire un moteur économique, le véritable succès de la réforme se mesurera dans les communes, dans les villages et dans la vie quotidienne des populations , moins de précarité, davantage d’activités économiques, plus d’emplois et une meilleure valorisation des richesses locales.
C’est à cette condition que la nouvelle carte territoriale du Bénin pourra devenir, au-delà d’une réforme administrative, une véritable carte des opportunités.
