Acadjamè sous les eaux : la population excédée, Augustin Gbêkpo Mahoulikponto monte au créneau

À Acadjamè, arrondissement de Pahou (commune de Ouidah), l’eau a encore eu le dernier mot. Chaque saison pluvieuse, le même scénario se répète : des voies transformées en véritables torrents, une population piégée, et des autorités aux abonnés absents.

Un quotidien devenu un calvaire

Se déplacer à Acadjamè relève désormais du parcours du combattant. Piétons comme conducteurs de motos affrontent des routes défoncées, gorgées d’eau, parfois totalement impraticables. Certains riverains ont bien tenté de colmater eux-mêmes les brèches les plus critiques, à coups d’aménagements de fortune. Mais ces efforts isolés ne suffisent plus à endiguer un phénomène qui revient, inlassable, à chaque hivernage.

Augustin Gbêkpo Mahoulikponto, ancien maire des jeunes de Ouidah et résident d’Acadjamè, porte aujourd’hui la voix de ses concitoyens. Figure connue et respectée de la localité, il rappelle que cette détresse n’a rien de nouveau : elle s’inscrit dans une longue attente, celle de promesses jamais tenues.

Des engagements qui n’ont jamais dépassé le stade des annonces

Le sentiment d’abandon qui gagne aujourd’hui les habitants trouve son origine dans un épisode encore présent dans toutes les mémoires. Une délégation conduite par le maire de Ouidah, accompagnée du chef d’arrondissement et d’un député, s’était en effet rendue à Acadjamè lors d’une tournée politique. Des études de sol avaient alors été évoquées, avec l’implication annoncée de l’entreprise SATOM, laissant entrevoir un chantier de réhabilitation attendu depuis longtemps.

Depuis cette visite, silence radio. Aucun engin, aucun ouvrier, aucune avancée visible sur le terrain. Pour Augustin Gbêkpo Mahoulikponto et les habitants qu’il représente, ce contraste est d’autant plus difficile à accepter que d’autres quartiers et villages de la commune ont, eux, récemment reçu la visite du maire, venu échanger directement avec les populations sinistrées par les inondations. Acadjamè, elle, n’a pas eu droit à ce même égard une mise à l’écart que ses habitants vivent comme une injustice.

Un appel à l’action, pas à de nouvelles promesses

Lassés d’attendre, les habitants d’Acadjamè, portés par la voix d’Augustin Gbêkpo Mahoulikponto, adressent aujourd’hui un message clair aux autorités communales et gouvernementales : il est temps d’agir. Ils réclament la construction d’infrastructures de drainage adaptées et une réhabilitation sérieuse des voies, seules solutions durables face à des inondations qui paralysent les déplacements, freinent les activités économiques et compliquent la vie de tous les jours.

Ce n’est plus une doléance parmi d’autres. C’est, selon les mots mêmes portés par leur représentant, une urgence humaine et sociale. Reste à savoir si, cette fois, le cri d’Acadjamè trouvera une oreille attentive ou si le village devra, une fois de plus, affronter seul les pluies de demain.

Propos recueillis par Jean-Luc Dessouassi.

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