VOTE DE LA LOI-CADRE SUR L’ENVIRONNEMENT:L’honorable Jean Mejor Zannou plaide pour une transition écologique « juste, pragmatique et applicable »

Alors que l’Assemblée nationale poursuivait, lundi 13 juillet 2026, l’examen du projet de loi portant cadre juridique de l’environnement en République du Bénin, la voix du député Jean Mejor Zannou s’est élevée pour rappeler qu’une grande réforme ne se mesure pas seulement à l’ambition de ses principes, mais surtout à sa capacité à produire des effets concrets sur le terrain. Entre impératif écologique, réalités économiques et efficacité administrative, l’élu a défendu une approche qu’il veut équilibrée et résolument tournée vers l’action.

Dans l’hémicycle, le débat a rapidement dépassé la seule dimension juridique du texte. Pour Jean Mejor Zannou, la véritable question n’est pas uniquement de doter le pays d’une nouvelle loi sur l’environnement, mais de s’assurer qu’elle puisse être appliquée sans freiner la dynamique économique nationale. Le parlementaire a ainsi invité ses collègues à regarder au-delà de l’acte législatif pour anticiper les conditions réelles de sa mise en œuvre.

Reconnaissant que les défis environnementaux ont profondément évolué ces dernières années, il a estimé que le Bénin ne pouvait plus se satisfaire d’un dispositif juridique devenu insuffisant face aux nouvelles exigences de préservation des ressources naturelles et de développement durable. À ses yeux, cette réforme marque une étape importante dans la modernisation de la gouvernance environnementale du pays. Mais cette ambition, a-t-il averti, ne produira ses effets que si elle demeure compatible avec les réalités des opérateurs économiques.

Jean Mejor Zannou a notamment attiré l’attention sur les petites et moyennes entreprises, susceptibles de subir de plein fouet le poids de nouvelles obligations environnementales. Il a donc plaidé pour des mécanismes d’accompagnement adaptés, combinant mesures incitatives, assistance technique et transition progressive vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
L’élu s’est également arrêté sur le fonctionnement de l’administration chargée de mettre en œuvre la future loi. S’il reconnaît la nécessité des certificats de conformité et des études d’impact environnemental et social pour garantir une protection efficace des écosystèmes, il estime que leur délivrance gagnerait à être simplifiée.

Digitalisation des procédures, réduction des délais et rapprochement des services administratifs des usagers figurent parmi les pistes qu’il a défendues afin de faire de l’administration un partenaire du développement plutôt qu’un facteur de blocage. En filigrane de son intervention, le député a appelé à bâtir une transition écologique qui conjugue responsabilité environnementale et réalisme économique. Pour lui, la protection de la nature ne saurait être dissociée des exigences de compétitivité et de création de richesses.

Les échanges se sont déroulés sous la conduite du président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, en présence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, représentant le gouvernement du président Romuald Wadagni. À travers son intervention, Jean Mejor Zannou aura ainsi défendu l’idée qu’une loi ambitieuse ne révèle toute sa portée que lorsqu’elle est pensée pour être effectivement appliquée, au service de l’environnement comme du développement du Bénin.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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