INTERDICTION DU TÉLÉPHONE EN MILIEU SCOLAIRE:ROMULUS ADJAKIDJÈ DU GSPAR PORTE SON PLAIDOYER, GASTON DOSSOUHOUI PRÔNE L’ENCADREMENT

Reçu le 7 octobre à Cotonou par le ministre-conseiller du président de la République, le GSPAR affine son plaidoyer pour un usage responsable du téléphone à l’école et réaffirme la place centrale des parents dans l’éducation numérique des enfants. Le combat pour le retour au pacte École-Cahier-Livre entend se garder des procès sommaires faits à la technologie. C’est, en substance, l’un des enseignements de l’audience accordée, le 7 octobre 2026 à Cotonou, à une délégation du GSPAR, conduite par son président, par Gaston Dossouhoui, ancien ministre et actuel conseiller spécial du président de la République. Au cœur des échanges : la réglementation du téléphone en milieu scolaire, mais aussi la nécessité de repenser les rapports entre l’enfant, le savoir et les outils numériques.
Cette rencontre s’inscrit dans une tournée d’échanges entreprise par le mouvement auprès de personnalités influentes du pays. Au-delà de leurs responsabilités institutionnelles, celles-ci sont également des parents, directement concernés par les mutations qui traversent l’éducation. Les conseils du ministre-conseiller auraient ainsi permis de recentrer le débat sur une distinction essentielle : le téléphone n’est pas, en soi, le mal ; c’est l’usage qui en est fait qui peut devenir préjudiciable. À l’heure où le numérique s’impose dans presque tous les domaines de la vie, une interdiction systématique apparaîtrait comme une réponse inadaptée aux exigences du temps. L’outil technologique peut contribuer à l’apprentissage, notamment à travers les classes numériques, les centres informatiques et le télé-enseignement. Encore faut-il que son introduction dans l’univers scolaire obéisse à une politique cohérente, capable de concilier progrès pédagogique et protection des apprenants.
La discipline, dans cette perspective, ne devrait pas constituer une fin en soi, mais le chemin vers l’autodiscipline. Sensibilisation, encadrement et réglementation intelligente seraient ainsi préférables à une prohibition aveugle. Cette approche suppose toutefois une vigilance accrue face aux dérives observées : cybercriminalité, tricherie organisée sur WhatsApp et bagarres filmées puis diffusées sur Tiktok. Le GSPAR entend désormais étayer son plaidoyer par des statistiques permettant d’identifier les zones les plus exposées à ces phénomènes. Le mouvement insiste également sur la responsabilité des parents, appelés à accompagner les enfants dans leurs pratiques numériques, à une période où les plus jeunes peuvent devenir des cibles privilégiées des arnaques en ligne. Au terme de cette audience, le GSPAR repart avec une orientation plus précise : faire du pacte École-Cahier-Livre non pas une croisade contre la modernité, mais une exigence de responsabilité collective. Car l’enjeu dépasse le téléphone. Il s’agit de préserver, au cœur de l’école, la liberté d’apprendre, l’effort de comprendre et la capacité de l’enfant à construire son propre savoir, plutôt qu’à subir passivement le règne des écrans.
Stéphane AHINOUHOSSOU
