Vent de destitution à la mairie de Toffo:Et si la maire Bibiane Soglo Adamazè était victime d’un acharnement politique

_À_ _Toffo, la sérénité attendue au sein du conseil communal est en train de céder la place à une guerre de tranchées politiques. Dans le viseur, la maire Bibiane Soglo Adamazè, accusée de « gestion solitaire » et de « manque de transparence » par certains conseillers communaux. Mais si derrière cette motion de défiance se cachait une réalité plus profonde : un acharnement politique qui ne dit pas son nom_?
Depuis 2020, les velléités de destitution de Bibiane Soglo Adamazè ne se sont jamais réellement estompées. À peine installée, la première responsable de Toffo était déjà perçue comme une cible à abattre par une frange de conseillers. Aujourd’hui encore, les accusations brandies ressemblent moins à un débat de fond sur la gestion communale qu’à une stratégie de déstabilisation. Pourtant, les faits sont clairs. Depuis les réformes du Président Patrice Talon, le rôle du maire a été redéfini : l’exécutif technique est désormais confié au Secrétaire exécutif, tandis que le maire exerce une fonction essentiellement politique et administrative. La maire de Toffo rappelle qu’elle ne fait qu’appliquer les textes et exécuter les directives du Bloc Républicain, son parti politique. Dans cette configuration, elle se retrouve prise entre le marteau – les décisions de son parti – et l’enclume – les exigences de l’autorité de tutelle. Reporter dans cette situation une session du conseil n’a rien d’une manœuvre personnelle. Il s’agit plutôt d’un devoir légal, imposé par les blocages constatés au sein de la commission de supervision.
En effet, les griefs reprochés à la maire – « gestion solitaire », « manque de transparence » – paraissent bien fragiles à la lumière de cette réalité institutionnelle. Comment parler de gestion solitaire lorsqu’une partie substantielle des affaires de la mairie relève du Secrétaire exécutif ? Comment évoquer une opacité alors que chaque décision s’inscrit dans le cadre légal et dans le sillage de directives supérieures ? Il ne fait guère de doute que la crise actuelle n’est pas d’ordre administratif, mais politique. La maire Bibiane Soglo Adamazè est en butte à un acharnement dont l’unique objectif est de l’écarter du fauteuil, sans égard pour la stabilité de la commune.
Ce climat délétère a un coût. Les querelles intestines, la volonté de certains conseillers d’en découdre plutôt que de construire, constituent un frein pour Toffo. Pendant que les énergies se dispersent dans des luttes de pouvoir, les défis prioritaires, développement économique, infrastructures, services de base, sont relégués au second plan.
La maire, pour sa part, en appelle à l’union de tous les conseillers communaux. Elle martèle que l’essentiel reste le développement de la commune, et non la satisfaction d’ambitions personnelles. À Toffo comme ailleurs, les réformes visent à assainir la gouvernance locale et à renforcer l’État de droit. Dès lors, persister dans la voie de l’acharnement contre une élue respectueuse des textes, c’est saper non seulement la stabilité communale, mais aussi l’esprit même de la réforme. La crise de Toffo pose une question cruciale : comment construire le développement local si les règles légales deviennent prétextes à des batailles de positionnement ? La réponse, en réalité, se trouve du côté des conseillers communaux eux-mêmes. Il leur revient de choisir : la politique des ambitions personnelles ou la gouvernance au service du peuple.
*S. A.*
