Coopération Chine-Bénin

L’empire du milieu, un partenaire stratégique pour le rayonnement industriel du quartier latin d’Afrique

Depuis plus d’un siècle, le pays de l’amazone et le dragon ont développé une relation de coopération féconde qui impacte durablement le secteur des échanges commerciaux, des infrastructures et des technologies._ _Dans sa vision de développement, le Bénin a trouvé en l’empire du milieu un véritable partenaire capable de répondre à son modèle de développement. Les entrepreneurs beninois ne sont pas du reste. Ils sont d’ailleurs les nouveaux acteurs qui retracent la nouvelle route de la soie.

Dans ce cadre, nous recevons l’un de ces nouveaux acteurs qui se distingue dans cette nouvelle génération par sa vision.

Présentez-vous et décrivez votre parcours entrepreneurial au Bénin. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous tourner vers le marché chinois ?

Je suis Marius Souyogoto GUEDOU, entrepreneur béninois évoluant dans le domaine de informatique, réseau, électroménager, énergie. Mon parcours a commencé avec la volonté d’apporter des solutions accessibles et innovantes aux besoins des entreprises et des particuliers au Bénin. Très tôt, j’ai compris que pour rester compétitif, il fallait s’ouvrir à l’international. La Chine s’est imposée comme un partenaire naturel, en raison de son immense capacité industrielle et de son rôle moteur dans l’innovation.

Comment avez-vous établi vos premiers contacts avec des entreprises chinoises ? Quels ont été les défis initiaux ?

Mes premiers contacts se sont faits à travers des foires internationales, notamment la Foire de Canton. Les débuts n’ont pas été simples : il y avait la barrière de la langue, la difficulté à évaluer la fiabilité des fournisseurs et la nécessité de créer une relation de confiance. J’ai dû multiplier les échanges, vérifier sur place et tester progressivement les partenaires.

Dans quels secteurs opérez-vous avec vos partenaires chinois et depuis combien de temps ? Quel est le volume de vos échanges ?

Nous collaborons principalement dans l’informatique, le réseau, les équipements électroménagers et les solutions énergétiques. Cela fait environ 10 ans que nous travaillons avec la Chine. Nos échanges ont beaucoup évolué : au départ, il s’agissait de petites commandes-tests, et aujourd’hui nous importons régulièrement.

Quelles opportunités spécifiques le marché chinois offre-t-il aux entrepreneurs béninois ? Comment vous positionnez-vous ?

La Chine offre une diversité exceptionnelle de produits à des prix compétitifs, avec une capacité d’adaptation impressionnante. Pour un entrepreneur béninois, cela permet de proposer localement des solutions modernes et abordables. Mon positionnement est clair : privilégier la qualité et adapter les produits aux réalités de notre marché, plutôt que d’importer sans discernement.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la communication interculturelle ? Comment les avez-vous surmontées ?

La communication interculturelle a été un vrai défi. Les manières de négocier, la gestion du temps et la confiance ne se construisent pas de la même façon en Chine qu’au Bénin. J’ai appris à m’adapter, à travailler avec des traducteurs, communiquer en Anglais avec ceux qui le comprennent et à utiliser des outils numériques. Surtout, j’ai pris le temps de comprendre les codes culturels, ce qui a permis de bâtir des relations solides.

Comment naviguez-vous entre les réglementations béninoises et chinoises ? Quels sont vos circuits logistiques ?

Nous travaillons avec des transitaires et des spécialistes de la douane pour respecter à la fois les normes d’exportation chinoises et les exigences d’importation au Bénin. La logistique repose principalement sur le transport maritime via le port de Cotonou, qui est notre point d’entrée principal.

Quel impact vos activités avec la Chine ont-elles sur l’économie locale béninoise ? Créez-vous de l’emploi ?

Oui, nos activités ont un impact direct : elles permettent de rendre disponibles des produits essentiels et accessibles. De plus, elles contribuent à la création d’emplois, notamment dans la distribution, le service après-vente et la maintenance. Nous formons aussi nos équipes aux nouvelles technologies, ce qui favorise le transfert de compétences.

Comment les relations commerciales Bénin-Chine ont-elles évolué ces dernières années ? Quelles tendances observez-vous ?

Les relations se sont intensifiées. La Chine est aujourd’hui un partenaire stratégique pour le Bénin, aussi bien dans les infrastructures que dans les échanges commerciaux. On observe une diversification des partenariats : on ne se limite plus aux biens de consommation, mais on s’oriente aussi vers des projets technologiques et énergétiques.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur béninois souhaitant faire des affaires avec la Chine ?

Je lui conseillerais de commencer petit, de tester ses partenaires, et de se rendre sur place dès que possible pour vérifier la réalité du terrain. Il faut être vigilant sur la qualité, se méfier des offres trop alléchantes, et s’entourer de professionnels compétents (transitaires, juristes, interprètes). La patience et la persévérance sont les clés. D’ailleurs, deux fois chaque année, nous programmons des voyages d’affaires en Chine. L’occasion est donc offerte à tous de souscrire à notre programme d’immersion en Chine.

Comment voyez-vous l’évolution de vos relations commerciales sino-béninoises dans les 5 prochaines années ?

Je suis optimiste. Je crois à un renforcement de la coopération, mais avec davantage de valeur ajoutée locale. Mon ambition est d’aller au-delà de l’importation, en attirant des unités d’assemblage ou des partenariats de transfert de technologie au Bénin. Cela contribuerait à l’industrialisation et à la création d’emplois durables.

Philippe TOUGAN

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