Échanges directs entre le CES et la diaspora béninoise à Washington:Dah VIGNON TOVOMADJEHOUGNI Ier plaide pour l’unité des fils du Bénin et une révolution des consciences

Le Conseil économique et social (CES) poursuit son offensive de proximité en direction des Béninois établis hors des frontières nationales. Jeudi 16 juillet 2026, à Washington, le président de l’institution, Conrad GBAGUIDI, a conduit une importante délégation à la rencontre de la diaspora béninoise des États-Unis. Bien au-delà d’une simple séance de concertation, cette rencontre s’est affirmée comme un exercice de diplomatie citoyenne, destiné à consolider le dialogue entre les institutions de la République et une communauté dont l’expertise, les réseaux et les capacités d’investissement constituent désormais un levier stratégique pour les ambitions de développement du Bénin.

Entouré du Secrétaire général et du Directeur de cabinet du CES, Conrad GBAGUIDI a réaffirmé la vocation consultative et fédératrice de l’institution. Dans la vision portée par le Président de la République, Romuald WADAGNI, la diaspora n’est plus un simple prolongement de la Nation à l’étranger ; elle en est l’une des forces motrices, appelée à contribuer à la conception des politiques publiques comme à l’accélération des dynamiques de transformation économique, sociale et culturelle.

Les échanges, d’une remarquable liberté de ton, ont permis aux participants d’évoquer les préoccupations qui continuent de nourrir une certaine distance entre les Béninois de l’extérieur et leur pays d’origine. Les difficultés liées aux contentieux fonciers, le déficit de confiance, la complexité des circuits administratifs et le besoin d’un dialogue institutionnel plus fluide ont dominé les interventions. En réponse, le président du CES a réitéré l’engagement de son institution à jouer pleinement son rôle d’interface entre les citoyens et les pouvoirs publics, en offrant à la diaspora un cadre permanent d’écoute, de médiation et de proposition.

Parmi les interventions qui ont marqué cette rencontre, celle de Dr Dénis Atchadé ASSONGBA, connu sous son titre traditionnel de Dah VIGNON TOVOMADJEHOUGNI Ier, a retenu une attention particulière. Avec la hauteur de vue qui caractérise les penseurs davantage préoccupés par les causes profondes que par les effets visibles, le chef de la collectivité des fils et filles Djangonnou de Savalou Doïssa a invité ses compatriotes à dépasser les clivages, les susceptibilités et les intérêts particuliers pour faire émerger une diaspora unie, disciplinée et résolument tournée vers l’intérêt supérieur de la Nation.

Pour l’homme de culture, la diaspora béninoise ne saurait se limiter à un rôle de spectatrice critique. Elle doit devenir une communauté de bâtisseurs, mettant au service du pays son capital intellectuel, son expérience internationale, ses ressources et sa capacité d’innovation. C’est dans cet esprit qu’il a renouvelé son engagement personnel à accompagner les efforts de modernisation entrepris par le gouvernement, convaincu que la réussite du Bénin exige une mobilisation convergente de toutes ses intelligences, où qu’elles se trouvent.

Mais c’est surtout par la portée de sa réflexion sur la culture que son intervention a imprimé sa marque à cette rencontre. Refusant d’enfermer celle-ci dans sa seule dimension patrimoniale ou folklorique, Dah VIGNON TOVOMADJEHOUGNI Ier l’a élevée au rang de matrice du développement. Selon lui, aucune politique publique ne peut produire durablement ses effets si elle ne s’accompagne pas d’une transformation profonde des référentiels culturels qui gouvernent les comportements individuels et collectifs.

Cette transformation repose, a-t-il soutenu, sur trois mutations cardinales. La première concerne le rapport au temps, qu’il appelle à réconcilier avec la prévoyance, la discipline, l’épargne et la planification de long terme. La deuxième touche au rapport à l’autorité, qui devrait désormais consacrer la primauté du mérite, de la compétence et de l’intégrité sur les privilèges de naissance, d’âge ou de position sociale. La troisième enfin invite à réinventer la solidarité, afin qu’elle cesse d’entretenir des dépendances pour devenir un puissant moteur d’investissement, de création de richesses et de prospérité collective.

Au terme de cette rencontre, une certitude se dégage : la diaspora béninoise apparaît plus que jamais comme un partenaire incontournable de la trajectoire de développement du pays. En choisissant d’ouvrir avec elle un dialogue direct et structuré, le Conseil économique et social confirme sa volonté de faire converger les énergies nationales, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, vers un même horizon de progrès.

Stéphane AHINOUHOSSOU

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