- (Authentification confirmée, soupçons redirigés, tensions ravivées)
Dans un contexte de vives turbulences informationnelles, marqué par la circulation d’enregistrements audio attribués à des échanges avec Kemi Seba, Zaga Bambo présenté comme interlocuteur direct dans ces conversations a rompu le silence. Dans une déclaration circonstanciée rendue publique ce dimanche, l’intéressé confirme sans ambiguïté l’authenticité des éléments sonores diffusés, tout en réfutant catégoriquement toute responsabilité dans leur divulgation.
Se positionnant d’emblée sur le terrain de la « responsabilité morale » et du « devoir de vérité », il affirme n’avoir entretenu aucun lien préalable avec l’activiste avant octobre 2025. Selon ses précisions, le seul échange intervenu entre les deux hommes remonte à cette période et s’est tenu via l’application Telegram, à l’initiative de Kemi Seba lui-même, par l’entremise d’un tiers. L’objet de cette discussion, insiste-t-il, était de nature critique : il s’agissait pour lui de dénoncer ce qu’il considère comme une contradiction manifeste entre les prises de position de son interlocuteur et les principes du panafricanisme, notamment en lien avec le régime de Faure Gnassingbé.
Face à la diffusion partielle et, selon lui, « décontextualisée » de ces échanges, l’auteur de la déclaration s’interroge publiquement sur les conditions d’enregistrement et de fuite des audios. Sans avancer de preuve formelle, il évoque l’hypothèse d’une captation opérée à l’insu des interlocuteurs ou d’un accès aux contenus numériques consécutif à des opérations de saisie menées dans le cadre des procédures visant Kemi Seba. Il note en effet que plusieurs éléments audio impliquant également des proches collaborateurs ont émergé simultanément, ce qui accréditerait la thèse d’une source interne ou institutionnelle.
Rejetant toute tentative de mise en cause personnelle, il dénonce une « stratégie de diversion » qu’il attribue à des relais du pouvoir togolais, visant à le désigner comme responsable indirect des déboires judiciaires de l’activiste. Une accusation qu’il balaie en rappelant que son combat demeure strictement orienté contre le système politique togolais en place depuis plus d’un demi-siècle. Ildissocie explicitement son engagement de celui de Kemi Seba, tout en exprimant le souhait que ce dernier échappe à une éventuelle extradition. Cette prise de parole, à la fois défensive et accusatrice, intervient alors que l’affaire continue d’alimenter un climat de suspicion et de rivalités au sein des sphères panafricanistes ouest-africaines.
Voici l’intégralité de ce qu’il a publié sur Facebook
Dimanche 19 avril 2026 ,
Aujourd’hui, je prends la parole par devoir et par responsabilité pour que la vérité ne soit pas étouffée face au flot d’informations, de rumeurs et de manipulations qui envahissent les réseaux sociaux. Comme beaucoup de panafricanistes, j’ai été profondément touché par l’annonce de l’arrestation de Kemi Seba et de son fils. C’est d'abord une épreuve humaine avant d’être un débat politique. Et même si nos visions divergent, même si je ne partage ni ses choix ni ses méthodes, je reconnais et je respecte l’intensité de son engagement. Avant octobre 2025, je n’avais aucun lien avec lui, aucun contact. Ni dans la vie réelle, ni sur les réseaux. Notre toute première et seule discussion remonte au début du mois d’octobre 2025 , via l’application Telegram. Elle s’est faite à sa demande, par l’intermédiaire d’une connaissance commune j’ai même pas son numéro. J’ai accepté cet échange pour une raison claire: lui dire, sans détour, que son soutien au régime de Faure Gnassingbé est en contradiction totale avec les idéaux panafricanistes qu’il revendique. Depuis, certains fragments de cette conversation circulent, sortis de leur contexte et instrumentalisés. Comme vous tous et toutes je m'interroge : comment cet échange s’est-il retrouvé enregistré ? Était-ce une habitude du frère KS d'enregistrer systématiquement ses entretiens à toutes fins utiles ? Je n’ai pas la réponse mais je m’interroge. Une chose est sûre : les différents services de police impliqués dans cette arrestation ont eu accès à ses téléphones et leur contenus parce que il y a eu beaucoup d’audio aussi et de conversation qui sont sortis de ses collaborateurs . Si j’avais été à l’origine de cette diffusion, je n’aurais jamais attendu. j’aurais assumé, j’aurais publié immédiatement, et en priorité les éléments qui exposent clairement les contradictions liées au régime de Faure Gnassingbé.Aujourd’hui, les services et proxy de Faure Gnassingbé tentent désespérémmemt de me désigner comme responsable de la situation de Kemi Seba. C’est une stratégie de diversion grossière pour affaiblir la lutte. Soyons clairs: Kemi Seba n’est pas mon combat. J'espère qu'il ne connaitra pas l'épreuve de l'extradition. Mon combat vous le connaissez. Il est dirigé contre un système, contre une dictature d'une famille qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Avec mes frères et soeurs avec les militants du M66, avec tous les Togolais épris de justice et de dignité, je mets toute mon énergie dans un seul objectif: mettre fin au régime de Faure Gnassingbé parce que les Togolais méritent mieux.
Zaga Bambo
